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Les cadets dans l'armée reçoivent toujours un traitement inégal, selon l'ombudsman

L'ombudsman des Forces canadiennes revient à la charge sur le traitement inéquitable accordé à des cadets ces 40 dernières années, après l'explosion d'une grenade à la base de Valcartier. L'ombudsman fait ce constat à la suite d'un premier rapport accablant rendu public à l'été 2015.

Un texte de Cathy Senay

Selon l'ombudsman Gary Walbourne, peu de choses ont changé depuis cette tragédie. Les cadets doivent toujours se battre pour avoir accès au même traitement que d'autres membres de l'armée pour des soins à long terme.

« Quand je lis ça, je trouve ça dégueulasse », lance le militaire à la retraite Charles Gutta. Il était adjudant-maître de compagnie lors de l'explosion accidentelle d'une grenade à la base de Valcartier durant l'été 1974. Six cadets ont trouvé la mort, et 65 autres ont été blessés dans cet accident tragique.

Environ une cinquantaine de ces anciens cadets souffrent aujourd'hui du trouble de stress post-traumatique, estime M. Gutta. Celui-ci se bat depuis des décennies pour que ces cadets reçoivent des compensations du gouvernement canadien.

Dans son rapport publié jeudi, Gary Walbourne souligne les inégalités qui persistent entre les cadets et leurs instructeurs sur les soins à long terme et les indemnités accordées.

« Il n'est pas équitable d'offrir une indemnisation et des prestations à des instructeurs de cadets qui ont été blessés ou qui sont tombés malades à la suite d'une activité pour les cadets et de ne pas offrir l'équivalent pour les cadets blessés ou malades », souligne l'ombudsman.

Les parents de cadets ou leurs tuteurs, explique l'ombudsman, doivent se tourner vers les tribunaux pour obtenir une indemnité équivalente à ce que reçoivent les instructeurs. La somme forfaitaire accordée à un cadet s'élève à 20 000 $, alors que pour les instructeurs, ce montant maximal est cinq fois plus important, environ 100 000 $.

Charles Gutta a reçu pour sa part moins de 30 000 $. « Disons que la compensation que j'ai eue, ça a été des peanuts comparativement à certains. [­­­...] Moi, j'ai perdu ma carrière là-dedans. »

Des excuses du gouvernement

À la suite de la publication du premier rapport de l'ombudsman sur l'iniquité du traitement accordé depuis 1974 aux cadets victimes de l'explosion d'une grenade à la base de Valcartier, le gouvernement canadien a offert ses excuses, puis des indemnités pour des frais médicaux.

Le fait que l'injustice perdure en 2017 décourage M. Gutta. D'après lui, les cadets doivent être traités au même titre que tous les autres militaires. « Ils doivent offrir aux cadets la même chose qu'ils offrent à un membre qui est allé en mission en Afghanistan ou en Bosnie. »

Dans une lettre adressée à l'ombudsman, le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, s'engage à examiner le processus de soutien offert aux cadets souffrant d'une maladie ou d'une blessure attribuable à toute activité militaire.

Cet examen va aussi comprendre une comparaison avec le soutien offert aux réservistes à temps partiel et à temps plein. Aucun échéancier cependant n'a été formulé.

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