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Les chantiers de Québec désertés par les opérateurs de grue

Les opérateurs de grues désertent les principaux chantiers de Québec pour une deuxième journée consécutive afin de dénoncer le recours à des grutiers sans formation professionnelle par leurs employeurs.

Après avoir refusé de se présenter au travail lundi matin sur les chantiers du Québec, les grutiers affiliés à la FTQ-Construction ont poursuivi leur mouvement de contestation mardi matin en dépit des menaces de poursuites et d’amendes salées brandies par la Commission de la construction du Québec (CCQ) pour ce « débrayage illégal ».

Impacts à Québec

Les impacts de la grève des opérateurs de grue se font sentir sur les chantiers les plus importants de Québec. Les travaux de rénovation du mégahôpital du CHU sont notamment ralentis.

« Pour l’instant, on parle d’un ralentissement des activités. On a 3 grues fixes et on a entre 3 et 6 grues mobiles qui ne fonctionnent pas, tout dépendamment des besoins. Aujourd’hui, c’est environ 30 travailleurs qui sont en diminution pour les activités de chantier », souligne Geneviève Dupuis, porte-parole du CHU de Québec.

Même constat au Capitole et au Diamant où des ralentissements sont observés.

« Oui ça nous touche, mais ce n'est pas dramatique pour l'instant. Saturday Night Fever commencera le 27 juin au Capitole tel que prévu », assure Jean Pilote, porte-parole du Capitole.

Pas d’installation demain

L'installation d'une génératrice sur le toit de l'hôpital Saint-François-D'Assise prévue demain a aussi été reportée en raison de la grève.

Ce débrayage, qui survient sans vote de grève préalable et en pleine convention collective, vise à dénoncer la modification d’un règlement le 14 mai dernier par la partie patronale et la CCQ. Ce règlement permet l’embauche et la formation sur les chantiers de grutiers qui ne possèdent pas le diplôme professionnel exigé depuis 1989 pour exercer ce métier.

Selon les grutiers, cette mesure représente un risque accru pour la sécurité des travailleurs et du public aux abords des chantiers, puisque l’exercice de ce métier requiert une formation professionnelle (DEP) de plusieurs centaines d’heures aux commandes de ces imposantes pièces de machinerie.

Les grutiers non diplômés que les entrepreneurs peuvent désormais embaucher ne bénéficieraient quant à eux que d’une formation de 80 heures, qui se donne parfois directement sur les chantiers, dénoncent les opérateurs de grue.

De son côté, la CCQ et les employeurs expliquent avoir assoupli les règles de formation pour éviter des pénuries de grutiers dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre.

La Commission de la construction du Québec, qui considère ce débrayage de 1300 grutiers de la province comme une grève illégale, a prévenu lundi qu’elle a déployé des enquêteurs sur les chantiers afin de documenter la situation et de recueillir des preuves en prévision du dépôt d’accusations par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Il s’agit, selon la CCQ, d’une violation flagrante de la convention collective qui lie les grutiers et leurs employeurs jusqu’en 2021.

La CCQ dénonce également le fait que les grutiers qui souhaitent travailler sont, selon elle, victimes de menaces et d'intimidation.

Amendes salées

La loi R-20, qui encadre l'industrie, prévoit des amendes salées en cas de grève illégale ou de ralentissement de travail concerté et illégal. Celles-ci vont de 7960 $ à 79 587 $ par jour pour les associations ou les représentants d'une association et de 57 $ à 199 $ par jour pour les travailleurs qui y prennent part.

La ministre du Travail, Dominique Vien n’est pas intervenue dans le conflit jusqu’ici.

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