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Les chauffeurs de bus scolaires dénoncent leur « précarité »

Les chauffeurs d'autobus scolaires affirment que leurs conditions de travail « dérisoires » menacent l'existence de certains parcours en plus de représenter un risque pour leur santé et la sécurité des élèves qu'ils transportent.

Un texte de Louis Gagné

Quelques dizaines de conducteurs de la grande région de Québec ont manifesté devant l’Assemblée nationale lundi matin afin de réclamer des salaires « plus justes » et de meilleures conditions de travail.

Des rassemblements similaires ont eu lieu dans plusieurs autres villes du Québec dans le cadre de la « virée jaune ».

Les chauffeurs demandent au gouvernement d’uniformiser à l’échelle provinciale leurs conditions de travail afin de mettre fin aux disparités qui sévissent d’une commission scolaire à l’autre.

« On peut avoir des gens qui travaillent un peu en haut du salaire minimum comme on peut avoir des gens qui sont à 17 $ de l’heure, mais en même temps, avec un revenu annuel d’environ 19 000 $, ce qui est nettement en bas du seuil de la pauvreté », explique Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches pour la CSN.

Pénurie

La représentante syndicale soutient que la précarité observée dans le secteur du transport scolaire nuit au recrutement et à la rétention des chauffeurs, une situation qui entraîne des problèmes de pénurie. Elle mentionne qu’ailleurs au Québec, des commissions scolaires ont dû annuler des parcours.

« Ça entraîne des parcours plus longs pour les enfants, avec beaucoup plus d’arrêts. Ça vient allonger la journée scolaire passablement. On ne voudrait pas vivre ici dans la région. »

Le problème de pénurie est tel qu’il arrive que des compagnies de transport scolaire rappellent des conducteurs en congé maladie, une pratique pouvant représenter un risque pour la santé des chauffeurs et la sécurité des élèves qu’ils transportent.

« Ils doivent se concentrer sur la route, sur ce qui se passe dans leur autobus. Les gens doivent être en santé [mais] on voit des congés qui sont refusés, on rappelle les gens qui sont en maladie », dénonce Ann Gingras.

Dégradation des conditions

Elle rappelle qu’un comité de travail sur le transport scolaire auquel le gouvernement et les transporteurs scolaires ont participé recommandait de fixer le taux horaire minimal de référence à 19,14 $ à partir du 1er janvier 2015.

La chef syndicale déplore que le ministère de l’Éducation n’ait pas donné suite à cette recommandation, d’autant que les compressions budgétaires des dernières années auraient entraîné une dégradation des conditions de travail des chauffeurs.

« Les commissions scolaires ont coupé là où elles pouvaient couper dans leurs dépenses, donc souvent, c’est au niveau du transport scolaire […] c’est sur le dos des personnes qui prennent soin, qui conduisent nos enfants à tous les jours vers l’école et vers la maison. »

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