L'initiative de la Coalition avenir Québec (CAQ) de faire entendre la voix des pro-Uber à l'Assemblée nationale soulève la colère des chauffeurs de taxi. La CAQ a lancé le site contrelaloi100.com, où il invite les utilisateurs du service de covoiturage urbain à lui faire part de ses arguments.

Le parti d'opposition entend lire les commentaires des internautes lors de l'étude détaillée du projet de loi qui encadre l'industrie du taxi, au cours des prochains jours. La Coalition avenir Québec veut ainsi donner la « parole à ceux qu'on n'a peut-être pas envie d'entendre et qu'on doit entendre », plaide le député caquiste Éric Caire.

L'initiative est dénoncée par les chauffeurs de taxi. Une quarantaine d'entre eux ont manifesté mercredi midi devant le bureau du député de La Peltrie, sur le boulevard Chauveau, à Québec. D'autres étaient réunis à Lévis, devant le local du caquiste François Paradis.

« On n'est pas d'accord avec leur façon de faire de la politique. On pense qu'ils jouent de la politique girouette. Ils font de l'opportunisme politique », dénonce Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, invitant tous les chauffeurs à manifester leur désaccord.

J'ai beaucoup de difficulté à comprendre en quoi laisser les citoyens s'exprimer, donner leur opinion, se faire entendre, c'est de la trahison. Au contraire, je pense que pour un élu, on est en plein dans notre mandat », défend Éric Caire.

Pour un nouveau modèle d'affaires

Les chauffeurs de taxi veulent que le projet de loi soit adopté comme prévu d'ici le 10 juin pour mettre tous les chauffeurs sur un pied d'égalité.

Le projet de loi 100 déposé le 12 mai par le ministre des Transports Jacques Daoust, prévoit forcer les chauffeurs d'Uber à acheter ou à louer des permis de taxi pour effectuer des courses rémunérées pour des clients et à se munir d'un permis de conduire de classe 4C.

La CAQ estime plutôt que l'industrie du taxi doit développer « une saine concurrence » avec les entreprises de type Uber. « On ferme la porte totalement à un nouveau modèle d'affaires, on vient confirmer notre vieille façon de faire, le contrôle de l'offre de permis de taxi avec la spéculation que ça amène, avec tous les problèmes que ça amène, alors qu'on entre au 21e siècle dans une nouvelle façon de faire des affaires », fait valoir Éric Caire.

La CAQ souhaiterait néanmoins que l'industrie du taxi garde certains « privilèges », comme l'accès aux postes d'attente et aux voies réservées.

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