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Les concessionnaires déplorent un manque criant de bornes électriques

Alors que Québec vient tout juste de leur imposer des quotas de vente de véhicules électriques, les concessionnaires automobiles de la province exigent du gouvernement qu'il installe massivement des milliers de bornes de recharges publiques.

Un texte de Maxime Corneau

Depuis le début janvier, les fabricants automobiles doivent vendre annuellement 3,5 % de véhicules hybrides ou électriques à défaut de quoi ils devront acheter des crédits de compensation.

L’objectif de Québec est d’atteindre un parc de 100 000 automobiles électriques d’ici 2020. En décembre 2017, environ 21 500 voitures électriques étaient en circulation dans la province.

Pour Frédéric Morin, le vice-président des affaires juridiques pour la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), l’effort ne doit pas venir seulement de ses membres. « Le gouvernement doit faire ses propres efforts », explique-t-il.

Selon lui, le « manque » de bornes publiques au Québec nuit grandement à l’industrie du véhicule électrique. Il y a présentement au Québec environ 1200 bornes publiques, dont une centaine à recharge rapide. Ces dernières permettent de recharger complètement un véhicule en environ une heure ou moins.

La région de la Capitale-Nationale compte près de 150 bornes publiques, toutes catégories confondues. La CCAQ demande au gouvernement « d’investir les ressources nécessaires à l’implantation de 12 500 bornes publiques, dont 2000 bornes à recharge rapide » pour la grandeur du Québec.

« On est période d’élection. On s’attend à des annonces », lance M. Morin. Selon lui, le fait que plusieurs conducteurs se rechargent directement à leur résidence ne peut à lui seul justifier de ne pas augmenter massivement le nombre de bornes publiques.

Hydro-Québec, qui est responsable du déploiement du réseau de bornes publiques au Québec, souligne que son objectif est plutôt d'ajouter 2500 appareils d'ici 2020. « On pense que ce sera le nombre qui répondra au besoin », estime un porte-parole, Louis-Olivier Batty.

Selon M. Batty, 95 % de la recharge des véhicules électriques du Québec est fait à la maison et au travail. Quant aux locataires qui n’ont pas accès aux bornes résidentielles, Hydro-Québec dit développer avec plusieurs municipalités des bornes « sur rue » qui seront de plus en plus nombreuses.

Des véhicules avant les bornes

Du côté de l’Association des véhicules électriques (AVEQ), le porte-parole Martin Archambault appuie la démarche des concessionnaires, mais souligne que les bornes ne sont pas l’enjeu de taille.

« Le principal frein, c’est le manque de disponibilités de véhicules chez les concessionnaires. […] Ils ont presque tous des listes d’attente! », déplore M. Archambault.

Il souligne que l'attente atteint près d'un an chez certains concessionnaires.

Changer le modèle d’affaires

Il reconnaît toutefois que le réseau de bornes publiques, nommé le circuit électrique, doit être développé. « L’infrastructure de recharge va devenir un incontournable qui va devoir être mis en place et maintenu au même titre que des lampadaires ».

Il croit le modèle d’affaires actuel doit être transformé. Présentement, les bornes publiques sont développées en partenariat entre Hydro-Québec et certaines entreprises privées ou des organisations. Or, le tarif de l’électricité, selon l’AVEQ, réduit la rentabilité des bornes publiques.

« C’est à peu près impossible de rentabiliser ça. L’électricité ne coûte pas assez cher, c’est un beau problème! Si ce n’est pas le gouvernement qui la rend disponible, il n’y a aucune entreprise qui va investir. »

Une bonne publique à recharge rapide peut coûter jusqu’à 30 000 $ à installer pour une entreprise; les coûts sont d'approximativement 7000 $ pour une borne conventionnelle. Une borne résidentielle coûte approximativement 1000 $.

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