Radio-Canada a appris que le nombre d'enquêtes d'exercice illégal de la profession de diététiste a triplé en trois ans au Québec. Une situation qui pousse l'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) à faire le ménage dans son organisation.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

En 2015, l’Ordre a enquêté sur 12 cas d’exercice illégal contre 32 en 2017.

Jacynthe Côté est diabétique. Après avoir consulté un entraîneur naturopathe, il y a un an, elle dit avoir eu des problèmes de santé.

« Il me faisait faire des exercices trop intenses pour moi. Je suis tombée en hypo [hypoglycémie]. J’ai dit : "Avec ton régime, c’est un peu normal!" », relate-t-elle.

Au Québec, parce qu'elle est diabétique, le naturopathe aurait dû la référer à un médecin ou à un diététiste, affirme la présidente de l’OPDQ, Paule Bernier. « À part ces deux professionnels, il n’y a personne qui est habileté à traiter un malade et faire un plan nutritionnel », affirme-t-elle.

Les diététistes ou nutritionnistes – les deux signifient la même chose au Québec – sont régis par un ordre professionnel.

La naturopathie, elle, est réglementée dans cinq provinces canadiennes et 18 États américains, mais pas au Québec. Dans la province, la formation des naturopathes varie, car il a plusieurs associations qui les représentent.

Réaction des naturopathes

L'Association des naturopathes agréés du Québec salue la décision de l'OPDQ, mais elle demande que la naturopathie soit elle aussi réglementée.

« C’est que, comme ce n’est pas une profession encadrée, n’importe qui peut se prétendre naturopathe au Québec. Ça nuit à notre profession puisque des gens n’ayant pas de formation valide, solide peuvent se prétendre naturopathes et, habituellement, les dérapages se font de ce côté-là », explique la vice-présidente de l’Association des naturopathes agréés du Québec, Chantal Ann Dumas.

Pour sa part, le Regroupement des intervenants et thérapeutes en médecine alternative (RITMA) dit travailler quotidiennement, afin que ses membres ne dépassent pas les limites des activités réservées aux ordres professionnels.

« Nous sommes donc en respect avec l’application des lois en autant que ces mesures respectent aussi les activités non réservées propres à la naturopathie », insiste sa présidente-directrice générale, Édith Larose.

Prudence chez les consommateurs

De son côté, l'Office de la protection du consommateur (OPC) rappelle l’importance de savoir à qui on a affaire.

« Dans le domaine de la santé, il faut vérifier si la profession est encadrée par un ordre professionnel. Dans les autres professions où il n’y a pas d’ordre professionnel, ostéopathe, naturopathe, massothérapeute, etc., c’est considéré comme des commerçants. La Loi sur la protection du consommateur, comprend ne pas faire des représentations fausses ou trompeuses, s’applique », précise le porte-parole de l'Office, Charles Tanguay.

L'Office dit par ailleurs avoir reçu quelques plaintes concernant des naturopathes, mais il précise qu'elles portaient surtout sur l'inefficacité d'un traitement.

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