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Les doctorants en psychologie commencent le boycottage de leur internat

En attente d'un règlement dans leur demande d'être rémunérés pendant leur internat, les doctorants en psychologie entament ce mardi le boycottage de leur stage et de leur internat. Selon la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP), ce moyen de pression pourrait priver 12 000 patients d'un suivi psychologique au cours de la prochaine année.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

« On a commencé nos menaces de boycott en décembre [2015]. Le but, c'était de laisser le temps au gouvernement de réagir », se désole le président de la FIDEP, Eddy Larouche.

En cette rentrée scolaire, les associations regroupant près de 250 internes et 450 stagiaires issus de 6 universités soutiennent ce boycottage. La FIDEP précise toutefois que ce ne sont probablement pas tous les étudiants qui se joindront à ce mouvement.

Les doctorants en psychologie affirment qu'ils sont les seuls en Amérique du Nord à ne pas être payés pendant leur internat. Ils justifient leur demande en estimant qu'ils accomplissent 80 % du travail d'un psychologue durant leur internat.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale a accueilli 15 internes en psychologie en 2015-2016.

Selon le CIUSSS, ce boycottage n'aura pas d'impact sur ses services en psychologie. L'organisation précise que son offre de services ne prend jamais en compte l'ajout d'internes à ses effectifs.

Le président de la FIDEP rétorque « qu'il y a des milieux où on peut avoir quatre psychologues. Quand on ajoute un interne, on augmente l'effectif de 20 %. En plus, les internes permettent aux organisations d'avoir plus de financement. C'est une drôle d'affirmation, car ils sont les premiers à bénéficier de la présence des internes », dit Eddy Larouche.

Formation prolongée?

La CIUSSS prévient toutefois que ce moyen de pression pourrait ne pas être sans conséquence pour les étudiants puisque l'organisation ne pourra pas accueillir deux cohortes de stagiaires et d'internes l'an prochain. Leur parcours universitaire pourrait donc être affecté, selon le CIUSSS.

Il s'agit d'un risque à prendre, selon Karèle Villeneuve, qui entame sa première année de doctorat. « C'est possible que ça arrive, mais nos négociations ne se sont jamais rendues aussi loin. Je pense que ce n'est pas le moment de lâcher sous cette peur », mentionne-t-elle.

Lundi, à la veille de l'entrée en vigueur de ce boycottage, Karèle Villeneuve et d'autres de ses collègues s'affairaient à faire signer une pétition sur le campus de l'Université Laval pour obtenir l'appui de la population. 

Recommandations à l'automne

En août dernier, une première proposition salariale a été présentée au ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Sans dévoiler les détails de sa demande, la FIDEP affirmait que la moyenne canadienne était de 31 000 $.

Les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur ont aussi mandaté Luc Granger, ancien président de l'Ordre des psychologues du Québec, pour évaluer la demande des doctorants en psychologie. M. Granger doit remettre son rapport à l'automne.

« Ça va quand même impliquer un délai après le dépôt du rapport. Ça aurait été bien que ce soit fait avant », se désole Eddy Larouche.

Les doctorants membres de la FIDEP ont l'intention de poursuivre le boycottage tant qu'ils n'auront pas de garantie qu'ils obtiendront une rémunération.

Avec la collaboration d'Alexandre Duval

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