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Les données sur le transport des matières dangereuses pas à jour

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) n'a toujours pas de portrait à jour sur le transport des matières dangereuses sur son territoire. Les résultats d'une étude à ce sujet, présentés jeudi, se fondent en partie sur des chiffres vieux de 10 ans, une situation qui dérange le président de la CMQ, Régis Labeaume. 

Un texte d'Alexandre Duval

« Je vous avoue qu'on a un problème avec le rapport, indique Régis Labeaume. Je pense qu'après Mégantic, en 2013, il y a des règlements qui doivent changer et je crois que les citoyens ont le droit de savoir. »

L'étude, réalisée par la firme CPCS au coût de 161 000 $ et commandée il y a deux ans et demi, indique qu'environ 40 millions de tonnes de matières dangereuses transitent chaque année sur le territoire de la CMQ, par camion, bateau, train, ou pipeline. La raffinerie Valero, à elle seule, est à la source de la majorité des matières dangereuses qui transitent par la région.

Or, les données qui concernent le transport des matières dangereuses par camion datent de 2006-2007. Celles concernant le transport maritime datent de 2011, tandis que celles liées au transport ferroviaire datent de 2012.

37 recommandations

La CMQ fondait de l'espoir sur cette étude, dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic, afin de dresser le portrait le plus clair possible du transport des matières dangereuses qui circulent dans la région, d'analyser les risques et de mieux prévenir les accidents.

Malgré la vétusté des données, l'étude propose 37 recommandations pour améliorer la sécurité du transport des matières dangereuses.

Parmi celles-ci, il est suggéré que la CMQ rencontre les autorités de la raffinerie Valero afin d'établir des corridors de transports plus éloignés de la population. Il est aussi proposé d'établir des heures de transit sur certaines routes.

Des mesures devraient aussi être mises en place pour que tout futur aménagement n'augmente pas les risques d'accident le long des grands axes par lesquels passent des matières dangereuses.

Il est également recommandé que la CMQ demande des modifications législatives aux ministères de la Sécurité publique et des Transports afin de forcer les expéditeurs de matières dangereuses à transmettre davantage d'information au sujet de leurs activités.

Le fédéral et le provincial interpellés

À cet effet, Régis Labeaume a déjà envoyé une missive au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau. Une lettre semblable avait aussi été envoyée à l'ex-ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust, au mois de juillet.

Dans sa réponse à la CMQ, Marc Garneau rappelle notamment que depuis l'accident de Lac-Mégantic, les compagnies de chemins de fer doivent fournir davantage de données sur les matières dangereuses qu'elles transportent, une réponse jugée « insatisfaisante » par Régis Labeaume.

La CMQ a par ailleurs mis en place un comité stratégique dont le mandat sera de mettre de l'ordre dans les 37 recommandations de l'étude. Un représentant de Transports Canada a été désigné pour participer à ce comité.

Régis Labeaume indique que certaines recommandations pourraient être mises en œuvre rapidement, puisqu'il pourrait s'écouler des années avant qu'un portrait plus clair du transport des matières dangereuses soit disponible.

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