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Les entreprises de Québec courtisent les étudiants étrangers

Après les travailleurs étrangers, les employeurs de la grande région de Québec se tournent maintenant vers les étudiants internationaux pour résorber leur pénurie de main-d'œuvre.

Dans le cadre de son programme 10X10, l’agence de développement économique Québec International a profité de la semaine de relâche pour organiser une centaine de rencontres entre des étudiants étrangers inscrits à l’Université Laval et des entreprises de la région.

L’initiative vise à permettre aux employeurs d’ici de « découvrir le potentiel de ce bassin de talents internationaux hautement qualifiés et déjà établis sur le territoire québécois ».

Québec International mentionne que la région compte plus de 6000 étudiants internationaux qui sont prêts à occuper un emploi durant leur formation et après leurs études.

« Comme agence de développement économique, il faut aider les entreprises selon les enjeux et ces temps-ci, avec le taux de chômage qui est très bas dans la région, l'enjeu de recrutement est très important », explique la responsable de l’attraction des talents et de la rétention des étudiants internationaux chez Québec International, Marie-Josée Chouinard.

Acquérir de l’expérience

Le fabricant de foyers au bois SBI, basé à Saint-Augustin-de-Desmaures, fait partie des 10 entreprises sélectionnées par Québec international pour présenter aux étudiants les perspectives de carrière qui s’offrent à eux dans la région.

Accompagné d'un représentant de Québec international, un groupe de 10 étudiants a visité les installations de SBI lundi. Mikaël Deguffroy, un Français, était du nombre.

« Moi, ce qui m'a surtout intéressé, c'est toutes les normes de santé et de sécurité qui sont mises en œuvre du point de vue de la gestion des ressources humaines », étudiant au certificat en relations internationales.

De son côté, Aziz Faye, qui étudie les finances à l’Université Laval, y voit l’occasion d’acquérir une expérience du marché du travail.

« Avoir un diplôme international, mais si tu n'as pas l'expérience qui vient avec, ce n'est pas tant enrichissant. Oui, après mon diplôme, j'aimerais travailler ici et à long terme peut-être retourner chez moi », l'étudiant sénégalais.

Emplois spécialisés

Même si la majorité des postes à combler chez SBI sont en usine, l'informatisation constante des opérations crée des possibilités d'emplois dans des domaines de pointe. Le vice-président de la compagnie, Jean-François Cantin, soutient que l’initiative de Québec International pourrait l’aider à pourvoir certains postes

« Dans une compagnie comme la nôtre, qui a 200 employés, des besoins très spécifiques de programmation, de mathématique et de développement d'algorithmes, c'est peut être une ou deux personnes, ce n'est pas 10 ou 15. Par contre, quand tu cherches cette personne-là, avec cette spécificité-là, c'est difficile à trouver », précise-t-il.

S’initier au marché québécois

En plus du groupe d’étudiants qui a visité les locaux de SBI, une autre cohorte s’est rendue au supermarché Avril, dans le quartier Lebourgneuf. L’entreprise, qui est en plein développement, peut offrir des débouchés intéressants à long terme.

À plus court terme, les étudiants peuvent y décrocher un emploi à temps partiel durant leur parcours universitaire. Une bonne occasion de se familiariser avec la culture et le marché du travail québécois.

« Ça leur permet d’avoir une première expérience, de se faire des contacts et éventuellement, ils peuvent trouver un emploi à la hauteur de leurs attentes et de leur diplôme », fait valoir Sarah Tapia, conseillère en rétention des étudiants internationaux chez Québec International.

Les visites organisées par l’agence se poursuivent jusqu’à vendredi.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

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