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Les jeunes des régions votent moins que ceux en milieu urbain

La participation électorale est en déclin dans la plupart des pays industrialisés, et ce, depuis plusieurs décennies. Une nouvelle étude de l'Université Laval démontre toutefois qu'au Québec, ce déclin est encore plus marqué chez les 18-34 ans qui vivent en milieu rural.

Un texte d'Alexandre Duval

Entre 1985 et 2014, le taux de participation des jeunes aux élections québécoises est passé de 66 % à 45 % dans les milieux ruraux du Québec. Cette baisse de plus de 20 points de pourcentage représente un déclin deux fois plus rapide qu'en milieu urbain, où la participation des jeunes est passée de 68 % à 57 %.

Cette tendance plus marquée dans les campagnes de la Belle Province inquiète l'un des auteurs de l'étude, François Gélineau, professeur au Département de science politique de l'Université Laval.

Même si les jeunes peuvent désormais voter dans les cégeps et les universités, au Québec, François Gélineau constate qu'il demeure difficile de rejoindre les 18-34 qui habitent et travaillent en région.

« D'un point de vue de politique publique [...], ça nous dit que de développer des mesures pour augmenter la participation dans les cégeps et les universités, c'est bon, mais le noeud du problème n'est peut-être pas là. Il y a des clientèles plus vulnérables qui sont les jeunes en milieux ruraux. »

Le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid, a d'ailleurs réagi au dévoilement de cette étude. Par voie de communiqué, il a indiqué que cette recherche venait « confirmer la nécessité de poursuivre [les] efforts pour favoriser davantage la participation électorale des jeunes ».

François Gélineau propose une solution qui, sans être une panacée, pourrait contribuer à rehausser le taux de participation des 18-34 ans, y compris en région.

« Je pense que le Québec est rendu au point où il devrait considérer l'option d'une certaine forme de vote électronique, et le vote électronique à distance, par courriel. »

Une hypothèse qui pourrait expliquer ce déclin plus rapide de la participation électorale chez les jeunes en milieu rural est celle de l'éducation, selon le professeur. Il explique que les cégépiens et les universitaires retournent de moins en moins dans leur région natale, après leurs études.

Or, il rappelle que les études en science politique sont sans équivoque quant au fait que l'éducation est l'un des principaux déterminants de la participation politique.

François Gélineau indique que la faible participation des jeunes en milieu rural pourrait avoir des conséquences sur la façon dont les partis politiques vont orienter leur message.

Le professeur soulève l'idée que les programmes électoraux pourraient miser de moins en moins sur les régions si les gains politiques à y faire sont trop modestes. Un jour, la cohorte des 18-34 ans remplacera inévitablement celle formée par les baby-boomers.

« Parce que les jeunes votent moins, les élus le savent très bien et ils répondent à leur électorat qui est plus âgé, peut-être plus en milieu rural, et les politiques qui vont s'ensuivre vont faire en sorte que les jeunes vont se sentir moins interpellés. C'est un cercle vicieux. »

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