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Les juristes poursuivent leur grève malgré le changement de ton de Pierre Moreau

Ils se sont fait taxer d'intransigeants par le ministre Pierre Moreau, mardi matin, mais les juristes de l'État québécois persistent et signent. Au terme d'une assemblée générale extraordinaire qui a duré plus de cinq heures, ils ont décidé de poursuivre leur grève.

Réunis simultanément à Montréal et à Québec, les avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ) ont voté à 63 % pour la poursuite de leur grève, qui dure depuis 17 semaines déjà.

Ils ont aussi rejeté à nouveau la plus récente offre patronale pour le renouvellement de leur convention collective dans une proportion de 96 %.

Des juristes soutiennent que le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, n’a pas bien compris leurs revendications. Celui-ci prétend que les offres salariales répondent aux exigences des juristes, mais ces derniers rétorquent que la réforme de leur mode de négociation est ce qui importe le plus.

Or, depuis le début du conflit, le gouvernement refuse de mettre en place le comité de rémunération réclamé par LANEQ. Ce comité serait chargé de faire des propositions pour les conditions de travail des juristes de l’État, qui seraient soumises à l’approbation de l’Assemblée nationale.

Mardi, en fin d'après-midi, des juristes se sont montrés furieux devant l'attitude du président du Conseil duTrésor, nouvellement en poste.

« Moreau est incompétent pour régler le conflit qui oppose le gouvernement aux juristes de l’État, c’est clair. Ça fait quatre mois qu’on est dans la rue et […] cette arrivée n’a strictement rien changé », a dit l'un d'eux.

Moreau change de ton

Plus tôt dans la journée, Pierre Moreau a accusé les représentants de LANEQ de faire preuve « d'intransigeance totale » à la table de négociation. S'ils poursuivent sur leur lancée, les juristes vont « frapper le mur », a-t-il dit.

Visiblement excédé, il les tient responsables de l’impasse qui perdure. « Ceux qui sont inflexibles actuellement à la table de négociation, ce ne sont pas les négociateurs du gouvernement. »

Lundi, LANEQ a annoncé qu’elle intentait un recours de 36,75 millions de dollars contre le gouvernement devant le Tribunal administratif du travail. Le syndicat estime que l’employeur a fait montre de « mauvaise foi » depuis le début des négociations pour renouveler leur convention collective, échue depuis deux ans.

Or, Pierre Moreau rappelle que le gouvernement a modifié son offre à quatre reprises. Il ajoute que depuis son retour au conseil des ministres, il a rencontré les représentants de LANEQ à trois reprises en trois semaines.

Quand vous voulez humilier des gens et les faire rentrer à genoux, vous ne les rencontrez pas trois fois en trois semaines, et vous ne modulez pas vos offres!

Pierre Moreau, président du Conseil du trésor

« Je n'ai jamais compris, moi, qu'une négociation de bonne foi, c'était de tout accorder à la partie avec laquelle on négocie […] Si leur recours est fondé sur la mauvaise foi du gouvernement, je leur souhaite bonne chance », ironise-t-il.

Les juristes n'ont pas bougé d'un iota, dit Moreau

LANEQ a bel et bien abandonné l’une de ses revendications, qui était d’obtenir un arbitrage liant pour les négociations de leur convention collective.

Or, cette demande était indéfendable, estime M. Moreau, car ni les procureurs de la Couronne, ni les juges n’en bénéficient. Depuis, les juristes n’ont pas bougé d’un iota, affirme-t-il.

Posez-lui la question, à Me Denis. Quel est le geste que vous avez posé depuis le début de ce conflit-là pour vous rapprocher du gouvernement?

Pierre Moreau, président du Conseil du trésor

Ils demandent une augmentation salariale de 10 % sur 4 ans, mais M. Moreau estime que cela les placerait au-dessus des procureurs de la Couronne. La dernière offre faite du gouvernement les place sur un pied d'égalité, dit le ministre, mais LANEQ affirme qu'ils recevraient 5000 $ de moins que les procureurs.

« Ce qu'ils demandent, en réalité, ce n'est pas la parité avec les procureurs de la Couronne. C'est plus que ce qui a été accordé aux procureurs de la Couronne parce qu'ils ne considèrent pas l'abandon de certains avantages sociaux que les procureurs de la Couronne ont laissés sur la table. »

Quand on lui a demandé s’il envisageait le recours à une loi spéciale pour forcer les juristes à rentrer au travail, le ministre a balayé cette idée du revers de la main.

Il croit que cela fait plutôt partie de la stratégie de LANEQ. « Je regrette, je ne suis pas dans ce scénario-là, il va falloir qu'ils revoient leur stratégie. »

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