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Les maisons d'hébergement pour femmes jugent insuffisante l'aide de Québec

Les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence jugent insuffisantes les nouvelles sommes annoncées par le gouvernement du Québec mercredi pour leur venir en aide.

Les ministres Hélène David et Lucie Charlebois ont accordé 6,4 millions dans un plan pour les maisons d’hébergements.

Selon la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes (FMHF), c'est plutôt 48 millions de dollars de plus par année qu'il faudrait fournir à une centaine de maisons à travers le Québec.

« C'est un premier pas. C'est toujours important de recevoir des sommes pour offrir de meilleurs services, explique la directrice générale de la FMHF, Manon Monastesse. L'année dernière, on a refusé 9000 demandes d'hébergement par manque de places au moment de l'appel des femmes.

Dans la situation actuelle, des victimes de violence doivent parfois être hébergées dans une autre région, déplore Mme Monastesse.

Les maisons débordent

À la Maison du Coeur pour les femmes de Québec, la directrice Édith Mercier ajoute que le taux d'occupation dépasse souvent les 100 %.

La durée moyenne de séjour est passée de 4 à 6 semaines, un phénomène qu'elle explique par un plus grand nombre de femmes immigrantes qui demandent des ressources. Elles constituent maintenant 23 % de la clientèle alors qu'elles représentaient 3 % il y a quelques années.

« Ce sont des femmes immigrantes qui pour certaines ont un statut, d'autres non. Certaines parlent français, d'autres pas du tout. On est pris dans un espèce de vide pour aider ces femmes-là », précise Édith Mercier.

Il faut par exemple recourir à des services d'interprètes, des services qui coûtent cher, poursuit la directrice.

La lenteur du système judiciaire est également responsable de séjours plus longs en maison d'hébergement à la Maison du Coeur pour femmes.

« Quand ça s'éternise, quand ça fait six semaines qu'une femme est ici et qu'elle n'est pas passée en cour encore, elle ne retournera pas dans sa maison, parce que sa sécurité est encore compromise », ajoute-t-elle.

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