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Les patients au rendez-vous pour la première clinique sans médecin

L'équipe de la Coopérative de solidarité SABSA, qui offre des soins de santé en Basse-Ville de Québec sans avoir recours à des médecins, trace un bilan très positif de sa première année de fonctionnement.

La clinique SABSA a été inaugurée en 2014 grâce à une subvention de 150 000 $ la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ). Ce sont des infirmières praticiennes et non pas des médecins qui y offrent les soins à la clientèle.

Selon les chiffres présentés jeudi matin, les professionnels de la clinique ont effectué 1700 consultations auprès 750 patients d'octobre 2014 à juin 2015. Seulement 5 % des patients ont été référés vers d'autres professionnels. Annuellement, la clinique aurait une capacité de 3000 visites.

La présidente de la FIQ, Régine Laurent, se dit extrêmement satisfaite de l'expérience. Elle croit maintenant que des cliniques de ce type devraient être implantées partout dans la province.

« Jusqu'à maintenant, on tourne toujours dans les mêmes paramètres dans le réseau et ça ne marche pas.[...] Si on a une solution qui répond au besoin de la population, qu'on le fasse partout au Québec », explique-t-elle.

Pendant la période de l'étude, la clinique SABSA aurait fait économiser 118 000 $ à Québec en soins de santé non facturés à la province.

Prudence pour le ministère de la Santé

La clinique SABSA n'est pas financée par le gouvernement du Québec. À la lumière des résultats de la recherche, Régine Laurent demande au ministère de la Santé d'assurer le financement de la clinique pour qu'elle poursuive sa mission.

Dans le système actuel, une clinique doit obligatoirement avoir un médecin dans son équipe pour être admissible à du financement public. La coopérative SABSA ne répond donc pas à ce critère.

Au bureau du ministre de la Santé, l'attachée de presse du ministre, Joanne Beauvais, confirme qu'il est impossible de financer ce genre de clinique. Malgré que l'on trouve l'expérience intéressante, elle affirme qu'il n'est pas souhaitable de financer des « cliniques parallèles » actuellement.

Régine Laurent déplore cette position et souhaiterait voir une réforme rapidement. « On ne peut pas être dans l'action dans 10 ans. Les patients c'est aujourd'hui qu'ils ont besoin [...]. Le ministre nous dit, oui, on trouve ça intéressant, mais pas aujourd'hui. Ça va être quand d'abord? »

La Coopérative de solidarité SABSA a le financement nécessaire pour assurer son fonctionnement jusqu'a à la période des fêtes. 

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