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Les pêcheurs dénoncent le manque d'accès au fleuve

Les pêcheurs du Québec dénoncent le manque d'accès aux cours d'eau, particulièrement au fleuve St-Laurent. Dans une pétition adressée au gouvernement Couillard, ils s'en prennent surtout à la hausse des tarifs pour les rampes de mise à l'eau des municipalités. Des tarifs qui rendent leur activité inabordable, selon eux.

Un texte de Michel Marsolais

Au Québec, l'eau est un bien commun. Ainsi, tout le monde a le droit de circuler sur le fleuve, les lacs et les rivières. Pourtant, avoir accès à l'eau est de plus en plus difficile

Plusieurs milliers de pêcheurs sportifs dénoncent ainsi les récentes hausses des tarifs aux rampes de mises à l'eau des municipalités riveraines. Dans plusieurs villes riveraines, les non-résidents doivent maintenant payer des tarifs saisonniers entre 300 $ et 600 $ pour pouvoir utiliser la rampe de mise à l'eau.

Le 4 juillet dernier, plusieurs pêcheurs ont manifesté avec leurs embarcations sur les routes de l'est de la métropole.

« Le but de la manifestation, c'était de dénoncer l'arrogance des municipalités qui demandent des frais exorbitants pour les descentes, pour l'accès à l'eau autrement dit », explique Guy Robert, vice-président de l'Association des pêcheurs sportifs du Québec.

« C'est vraiment de moins en moins accessible. Je dirais que la majorité des municipalités qui longent le fleuve commence de plus en plus, et ce sont des frais qui sont très difficiles à payer », ajoute M. Robert.

Tous les pêcheurs n'habitent pas une municipalité riveraine, et l'effet des hausses a été immédiat.

À Repentigny, où le tarif saisonnier est maintenant de 500 $ pour les non-résidents, le stationnement autour de la rampe est maintenant souvent presque désert.

« Avant, les voitures stationnaient jusque sur le gazon. C'est pas mal plus tranquille maintenant. L'achalandage, moi je dirais que ça a baissé de 95 % », constate Pierre Bérubé, un résident de longue date de Repentigny.

Préférence aux résidents

Pour les villes, il s'agit surtout d'accorder la préférence à leurs résidents.

« À certaines périodes, il y avait 70 % des usagers qui étaient des non-résidents de Repentigny. Donc, nos citoyens se plaignaient de ne pas avoir accès à l'eau facilement », explique Dominique Longpré, directrice générale adjointe à la Ville de Repentigny.

« On voit clairement que le but est d'éloigner les non-résidents. C'est sûr qu'ici c'était très achalandé. Il n'y avait plus de place pour le stationnement », pense pour sa part Marie-Philipe Maltais, qui utilise la rampe de Repentigny pour mettre son bateau à l'eau.

« Mais c'est sûr que si on compare avec l'Ontario ou avec le lac Champlain aux États-Unis, où y a des descentes de bateaux partout, au niveau du Québec, les descentes de bateau, c'est plus difficile », souligne-t-elle.

L'impact sur l'industrie de la pêche - déjà en déclin - se fait sentir. L'Association des pêcheurs sportifs a d'ailleurs fait parvenir une pétition de plus 7000 signatures au gouvernement Couillard pour réclamer plus d'accès.

« Plus ça va, moins on a le moyen d'accéder à l'eau. Cela a des conséquences pour notre sport », déplore Guy Robert.

Au Québec, où la pêche a toujours été une activité familiale traditionnelle de loisir, on délivre environ 50 000 permis de pêche de moins qu'il y a 20 ans. Il y en a maintenant 575 000.

L'accès aux lacs est souvent limité par les associations de riverains, et la seule solution de rechange pour les pêcheurs est souvent de payer le gros prix pour aller dans une pourvoirie.

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