Pour compenser les émissions d'environ 15 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) rejetées pendant la tenue du G7, Ottawa avait promis la plantation de 100 000 arbres. Les dernières pousses d'épinette sont mises dans le sol cette semaine dans Charlevoix.

Un texte de Maxime Corneau

« C’est une mobilisation sans précédent », dit fièrement Antoine Suzor-Fortier, le coordonnateur de la Coop de l’arbre, l’organisme responsable de cette plantation pancanadienne.

Au total, 85 000 arbres ont été plantés dans la région de Charlevoix et 15 000 dans 13 autres secteurs au Canada considérés comme des réserves de la biosphère par l’UNESCO.

« On a profité de la nature de l’événement, qui est un événement organisé par le fédéral, pour lui donner une saveur plus nationale », explique M. Suzor-Fortier.

L'estimation de 15 000 tonnes de gaz à effet de serre rejetées pendant le G7 a été évaluée par la Coop de l'arbre en fonction des bilans environnementaux des récents sommets internationaux.

Ce calcul prend en compte notamment l'impact des nombreux transports aériens et terrestres des dignitaires, des employés et des équipes de sécurité. Planter des arbres permet de réduire cette empreinte environnementale.

À titre de comparaison, M. Suzor-Fortier souligne qu'une voiture de taille moyenne qui roule 5000 km produit une tonne de GES.

Planteurs retraités en renfort

Les opérations de reboisement ont commencé en mai. La dernière plantation en cours se déroule près du Massif de Charlevoix, dans le secteur du Sentier des caps.

Un chargé de projet de la Coopérative de l’arbre, Guillaume Philippe, a recruté des copains avec qui il a fait le travail de reboiseur à l’époque de ses études.

Au total, les six comparses ont mis en terre 25 000 épinettes en 4 jours. « Les premières centaines, c’était facile, ensuite on s’est souvenus de la réalité de planter des arbres », dit-il. La pluie, la grêle et les moustiques sont revenus les hanter.

« On en a un qui fait son doctorat et il a pris une pause pour venir. Un autre qui a pris une semaine de congé juste pour venir planter. Les gens avaient hâte. Ils voulaient vraiment s’investir là-dedans. »

Si à l’époque de leurs études universitaires les anciens collègues s’amusaient à planter plus vite que les autres, pour l’événement, ils ont décidé de séparer équitablement le salaire de 17 cents par arbre. « On se l’est jouée communiste », lance-t-il amusé.

Des forêts symboliques

Des plaques ont été installées dans les 14 plantations afin d’expliquer le contexte de leur réalisation.

Les plantations représentent une initiative parmi plusieurs pour rendre le sommet du G7 de Charlevoix écoresponsable.

Le caractère écoresponsable d'un événement est évalué selon les critères du Bureau de normalisation du Québec qui prend en compte, lors de ses analyses, l’alimentation, les transports, les matières résiduelles, la gestion de l’eau et les fournisseurs de services, notamment.

Sur un total de 5 niveaux de certification, le sommet du G7 a atteint le niveau 3, le cinquième étant la cible exemplaire. Il s’agirait d’une première au Canada selon la Coop de l’arbre pour un événement d’une telle ampleur.

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