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Les vétérinaires français dénoncent le retard à reconnaître leur diplôme au Québec

Après huit années de négociations infructueuses, les vétérinaires français qui veulent pratiquer au Québec accusent l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) d'adopter une attitude « corporatiste » qui les empêche de faire reconnaître facilement leur diplôme dans la belle province.

Un texte d'Alexandre Duval

En 2008, le Québec et la France ont signé une entente pour faciliter la reconnaissance des professionnels qui veulent oeuvrer outre-Atlantique. Depuis, les ordres professionnels du Québec et de la France ont la responsabilité de conclure des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM), ce qui a été fait pour des dizaines de professions.

Dans le cas des médecins vétérinaires, les négociations sont au point mort. Il s'agit d'une « situation de blocage », dénonce le conseiller consulaire qui représente les vétérinaires français au Québec, François Lubrina.

Il accuse l'OMVQ de faire du « corporatisme pour limiter le nombre de vétérinaires » pouvant pratiquer au Québec. Une manifestation pour réclamer une reconnaissance de la formation des vétérinaires français aura d'ailleurs lieu dimanche, à Montréal.

Selon François Lubrina, une cinquantaine de Français aimeraient travailler au Québec, mais se heurtent à des exigences qui finissent par avoir raison de leur motivation.

Des exigences trop élevées

Actuellement, les vétérinaires français qui veulent travailler au Québec doivent réussir trois examens différents avant de pouvoir être admis à l'OMVQ.

La situation est intenable, selon François Lubrina, notamment parce que cela les prive d'un revenu pendant trop longtemps.

Il rappelle aussi que plusieurs ont des spécialités dans lesquelles ils évoluent depuis des années et ne devraient donc pas avoir à étudier les spécificités des autres spécialités, selon lui.

Une entente ratée

Les écoles de médecine vétérinaire au Canada et aux États-Unis ont une accréditation commune, ce qui facilite la mobilité de leurs diplômés d'un pays à l'autre. L'OMVQ souhaiterait que les quatre écoles de médecine vétérinaire de France soient accréditées. Actuellement, seule celle de Lyon l'est.

En 2015, une proposition d'ARM a été soumise aux Français. L'OMVQ proposait d'accepter tous les étudiants diplômés de Lyon, sous condition qu'ils passent avec succès le North American Veterinary Licensing Examinsation (NAVLE), un examen obligatoire pour tous les vétérinaires du Québec.

« Pour nous aussi, il y avait ce principe-là d'équité », explique le président de l'OMVQ, le Dr. Joël Bergeron. À son avis, il s'agissait d'exigences raisonnables, capables d'assurer la compétence des médecins vétérinaires oeuvrant au Québec.

Un « affront » à la France

Les Français ont toutefois rejeté cette proposition, perçue comme un « affront » par le président du conseil national de l'Ordre national des vétérinaires (ONV) de France, Michel Baussier.

Ce dernier estime qu'il n'y a qu'une seule avenue qui tienne vraiment : une reconnaissance pleine et entière des diplômes, sans accréditation, stage ou examen, comme cela se fait entre États européens.

« On est en recherche de simplicité [...] Nous, on est dans une espèce de culture où on a admis qu'on faisait confiance à l'autre État membre dès lors qu'il a un diplôme dans son pays qui lui permet d'exercer, on ne se pose pas la question, on l'accepte », lance le Dr. Baussier.

Le Dr. Baussier affirme qu'en 2015, l'ONV était néanmoins prêt à faire une concession : accepter que les diplômés depuis moins de trois ans passent le NAVLE en arrivant au Québec. « C'était notre tentative de petit bout de chemin vers l'autre. »

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