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Les villes défusionnées responsables de leur situation financière

Dix ans après les défusions municipales, une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC révèle que dans la région de Québec, les villes défusionnées sont toutes aussi responsables de la hausse de leurs dépenses que l'agglomération. Cette dernière devrait tout de même faire preuve de plus de transparence dans sa facturation, précisent les chercheurs.

L'équipe de chercheurs de HEC dirigée par le directeur du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP), Robert Gagné, a mesuré l'impact de la défusion sur les dépenses des grandes agglomérations québécoises, soit Montréal, Longueuil et Québec.

Du côté de Québec, même si les municipalités défusionnées se plaignent de l'augmentation de leur quote-part pour les services communs de l'agglomération, le chercheur Robert Gagné affirme que Saint-Augustin-de-Desmaures et L'Ancienne-Lorette sont responsables à parts égales de l'augmentation de leurs dépenses.

L'augmentation des dépenses de l'agglomération a donc augmenté au même rythme que celles des municipalités défusionnées depuis 2006.

« Évidemment, la ville a sa part de responsabilité dans l'augmentation des dépenses, ça, c'est évident. D'un autre côté, l'agglomération pourrait être un petit peu plus transparente dans ses dépenses d'agglomération », ajoute le chercheur en précisant que la facturation de la quote-part devrait être plus détaillée.

Le maire Régis Labeaume affirme donner toutes les réponses nécessaires aux villes défusionnées quant aux dépenses liées à l'agglomération. 

Saint-Augustin-de-Desmaures dépense par ailleurs davantage que les municipalités de sa taille, souligne le chercheur.

En 2010, la municipalité dépensait 19 % de plus que les villes de même taille, alors qu'en 2014 c'était 51 % de plus. L'Ancienne-Lorette dépensait 16 % de moins que les municipalités de même taille en 2010 alors qu'en 2014 elle avait rejoint la moyenne.

Les municipalités ont tendance à profiter des nouveaux rôles d'évaluation foncière pour augmenter les dépenses, ajoute Robert Gagné.

Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, souligne que « les HEC ne tiennent pas compte des revenus. »  La construction du nouvel aréna a généré plus de dépenses, mais la ville perçoit maintenant 400 mille dollars de taxes de plus. 

Le maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau, reconnaît que les « dépenses de proximité exorbitantes sont en grande partie la cause de nos maux. » Depuis qu'il est en poste, le maire affirme que « l'hémorragie est arrêtée ». « Fini les dépenses loufoques », dit-il.

« Cela n'empêche pas qu'il y a des reproches qui peuvent être adressés à la ville de Québec », précise-t-il en soulignant, lui aussi, que l'agglomération de Québec pourrait être plus transparente et mieux détailler sa facturation.

Le maire Juneau rappelle que dans le cas de Saint-Augustin, l'administration précédente est à montrer du doigt pour l'augmentation importante des dépenses. « En juillet 2012, il y a eu emprunt de 64 millions de dollars. La moitié de la dette de Saint-Augustin-de-Desmaures a été faite en cachette des citoyens. », déplore le maire actuel.

Bien que tout ne soit pas parfait dans l'agglomération de Québec, Robert Gagné précise que c'est surtout à Longueuil que les fusions ont eu un impact négatif.

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