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Lobbyisme illégal : Michel Dallaire défend sa réputation

Le promoteur immobilier Michel Dallaire se défend d'avoir fait du lobbyisme illégal en faisant parvenir une longue lettre à la mairesse de Lévis en 2013. Témoignant pour sa défense lors de son procès mardi, l'homme d'affaires a affirmé avoir agi de la sorte pour éviter une poursuite de 100 millions de dollars à la Ville.

D'après des informations de Yannick Bergeron

Le président du Groupe Dallaire conteste quatre constats d'infraction reçus à la suite d'une enquête du commissaire au lobbyisme qui lui reproche d'avoir transgressé la Loi sur la transparence et l'éthique.

Le promoteur était alors en discussion avec Lévis pour développer d'immenses terrains qu'il possède le long de l'autoroute 20 entre Charny et Saint-Romuald. Ayant eu vent qu'un changement de zonage allait l'empêcher de procéder, il a envoyé des lettres à l'administration municipale - dont une à la mairesse - pour réclamer une rencontre.

« Le changement de zonage, c'était une expropriation déguisée », a soutenu Monsieur Dallaire. Si la Ville de Lévis avait persisté dans cette voie, il n'aurait pas hésité à intenter une poursuite d'une centaine de millions contre elle.

La Loi sur le lobbyisme prévoit des exceptions pour communiquer avec des élus sans être inscrit au registre. Il est notamment possible de le faire dans le cadre de procédures judiciaires.

Le dirigeant du groupe immobilier a cependant fait valoir qu'il n'avait pas demandé à ses avocats d'envoyer les missives pour garder de bonnes relations avec la Ville. « Je voulais tout simplement une rencontre pour éviter un conflit », a fait valoir Michel Dallaire.

Roy-Marinelli témoigne

Appelée à témoigner par la poursuite, l'ancienne mairesse de Lévis, Danielle Roy-Marinelli, a dépeint Michel Dallaire comme un homme discret et courtois.

« Je n'ai jamais senti de pression de sa part », a-t-elle confié, ajoutant qu'elle avait été surprise par la tenue d'une enquête dans le dossier.

« Je me serais attendue à être rencontrée pour d'autres promoteurs, bien avant lui », a lancé la retraitée.

Le Phare

Le Groupe Dallaire est aussi dans la mire du commissaire au lobbyisme pour son projet immobilier Le Phare, à Sainte-Foy.

Le maire Labeaume et Michel Dallaire ont affirmé avoir entretenu des discussions pendant plusieurs mois sur le projet de tour de 65 étages qui doit être érigée sur le boulevard Laurier, à la tête des ponts. Or, le projet de 600 millions de dollars n'était pas inscrit au registre des lobbyistes.

Le maire de Québec a recommandé au commissaire au lobbyisme d'être « « extrêmement prudent » dans ses commentaires dans ce dossier.

Si Michel Dallaire est reconnu coupable des infractions retenues contre lui, il est passible d'une amende de 2000 $.

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