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Locataires exaspérés : le maire Labeaume invité à visiter des immeubles insalubres

Fatigués de leurs logements en décrépitude, des locataires du quartier Vanier se tournent vers le maire de Québec. Ils implorent Régis Labeaume d'aller constater de ses propres yeux les conditions dans lesquelles ils vivent.

Un texte d’Alexandre Duval

« On est rendu pas mal à court de ressources. On ne sait plus vraiment quoi faire. Je pense que vraiment, il y a beaucoup de colère », explique Sarah Lafrenière.

Comme d’autres résidents de l’avenue Claude-Martin, cette mère de famille estime que des propriétaires ont négligé l’entretien de leurs immeubles pendant des années.

Lundi soir, Mme Lafrenière se présentera au conseil municipal à titre de porte-parole du comité des résidents de ce secteur.

Rats, moisissures, coquerelles

Accompagnée d’autres locataires, elle compte remettre un document aux élus municipaux pour illustrer l’ampleur du délabrement, photos à l’appui.

Mme Lafrenière habite sur l’avenue Claude-Martin depuis quatre ans. Dans son logement actuel, où elle vit avec son conjoint et leurs deux enfants, elle rapporte des problèmes de moisissure sèche sur l’un des murs.

Un calorifère situé dans une chambre d’enfants n’est pas recouvert, dit-elle. Jugeant que le risque d’incendie est trop élevé, elle n’ose plus activer le chauffage dans cette pièce.

« La dernière fois que le chauffage a été ouvert, ç’a tellement boucané que le système d’incendie s’est déclenché dans la maison », raconte-t-elle.

Des réparations qui tardent

Ce n’est pas faute d’avoir interpellé son propriétaire, assure Mme Lafrenière. « Tout le monde ici est vraiment tanné. On ne comprend pas pourquoi ça ne se fait pas. »

Parmi les autres problèmes qu’elle compte soulever au conseil municipal lundi soir, on note des sous-sols d’immeubles dans lesquels les dégâts d’eau seraient récurrents.

Un autre locataire du même immeuble a fait visiter l'étage supérieur à l'équipe de Radio-Canada. Dans le coin d'une pièce laissée à l'abandon, on retrouvrait la carcasse d'un petit rongeur.

« L'immeuble est insalubre à la grandeur, s'exclame-t-il. Ce n'est pas compliqué! Des punaises de lit partout, des coquerelles. Tout ce que vous voulez comme bibitte, il y a tout! »

Devant l'ampleur du problème, le Bureau d'animation et information logement (BAIL) affirme que la Ville de Québec a la responsabilité d'agir.

« Maintenant la Ville peut entrer dans les immeubles et faire les travaux aux frais des propriétaires », explique l'organisateur communautaire Jonathan Carmichael, en référence à l'article 84.3 de la Charte de la Ville de Québec.

« C'est un pouvoir qu'ils n'avaient pas avant. Avant, ils avaient seulement un pouvoir d'amende. »

Une solution à portée de main?

Il y a environ six mois, Régis Labeaume avait manifesté son désir de venir en aide à des locataires qui habitent trois secteurs spécifiques de la Ville.

Le maire s’était gardé de les identifier, mais l’avenue Claude-Martin en fait vraisemblablement partie, selon les informations recueillies par Radio-Canada.

Se plaignant de ne pas pouvoir exproprier les propriétaires négligents, Régis Labeaume avait évoqué l’idée d’acheter les immeubles problématiques en partenariat avec l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ). Une ouverture semble sur le point de se présenter.

La firme Raymond Chabot a confirmé à Radio-Canada que cinq immeubles du secteur de l’avenue Claude-Martin, dont celui où habite Mme Lafrenière, ont récemment fait l’objet d’une reprise de finances. Ils pourraient donc être mis en vente prochainement.

Le propriétaire de ces immeubles a préféré s'abstenir de tout commentaire. Pour sa part, l’OMHQ n’était pas en mesure d’accorder d’entrevue.

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