Le projet de loi 122, adopté jeudi à l'Assemblée nationale, comporte une faille de taille pour la Ville de Québec. La demande de l'administration Labeaume d'obtenir de nouveaux pouvoirs afin de sévir contre les propriétaires d'immeubles abandonnés n'a pas été entendue.

Un texte d'Olivier Lemieux

« Ce que j’ai comme information, c’est que ce serait une erreur », déplore la responsable du dossier du patrimoine, Julie Lemieux. La vice-présidente du comité exécutif admet que la déception est grande.

À l’heure actuelle, la Ville doit démontrer que l'état d'un bâtiment pose un risque à la santé des occupants pour forcer un propriétaire à effectuer des travaux. Si la maison est vide, les autorités sont limitées dans leurs actions.

C’est ce qui explique que l’immeuble de l’ancienne boucherie Bégin, situé sur la rue Saint-Jean, se détériore depuis des années. La Ville manquerait aussi de moyens pour forcer la main des propriétaires de la maison Pollack et de l’église Saint-Cœur-de-Marie, sur Grande Allée Est. Dans les deux cas, les immeubles sont dans un piteux état.

Preuve de l’ampleur du problème, la Ville de Québec a autorisé cette semaine la démolition d'une maison patrimoniale de la rue De Grandmaison dans l'arrondissement des Rivières, après des années de plaintes du voisinage.

La résidence est inscrite au site du patrimoine de la Côte-des-Érables, mais elle était inhabitée depuis une dizaine d’années. Son état de délabrement est tel qu'il est impossible de la sauver, selon la Ville.

Des résidents du secteur se disent heureux de la décision, d'autant plus qu'un incendie y a fait rage l'hiver dernier.

« Il y avait des rats qui sortaient de là et des chats s'y promenaient », raconte Pierette Falardeau, une voisine immédiate, ajoutant que les odeurs émanants du bâtiment étaient très fortes en saison estivale.

Une autre maison ancestrale se retrouve dans la même situation dans le secteur Charlesbourg. La résidence située sur la rue du Vignoble est vide depuis un an et demi. Son propriétaire souhaite la raser, mais a déjà subdivisé le terrain et bâti une autre maison à côté.

La Société d'histoire est intervenue et un moratoire a été décrété par la Ville pour empêcher la démolition, mais l'organisme ne crie pas victoire pour autant.

« Une maison inhabitée, sans chauffage et sans électricité, c'est une maison qui est en danger, explique René Cloutier, secrétaire général de la Société historique de Charlesbourg. Elle est en danger de par les intempéries et ensuite n'importe quel vandale peut en profiter pour venir s'amuser. »

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