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Lutte contre la pauvreté : combler les besoins de base ne suffit pas

L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) propose une nouvelle mesure, celle du revenu viable, pour lutter contre la pauvreté au Québec.

Un texte de Jonathan Lavoie

Se sortir de la pauvreté, c'est beaucoup plus que de subvenir à ses besoins de base comme se nourrir et se loger, estime l'IRIS.

« On est en situation de pauvreté quand on a de la misère à faire face aux imprévus et quand on n'a pas la capacité de faire des choix », soutient le chercheur de l'IRIS, Philippe Hurteau.

Pour la région de Québec, l'organisme a fixé le revenu net viable d'une personne seule à 25 000 $, soit 7000 $ de plus que la mesure qui ne tient compte que des besoins de base.

Philippe Hurteau estime qu'entre 1 et 1,3 million de Québécois vivent sous le seuil de revenu viable calculé par l'IRIS.

« On va être intéressé à parler au gouvernement, au ministre Blais, lance le chercheur. Maintenant qu'on est capable de situer un niveau de sortie de pauvreté, il faut voir comment ça peut influencer le déploiement d'une stratégie de lutte à la pauvreté au Québec. »

Trois champs d'action

Le chercheur plaide pour des actions multiples. Il précise que les transferts gouvernementaux, comme les crédits d'impôt ou l'aide sociale, bien qu'efficaces, ne sont pas les seuls moyens pour aider la population en situation précaire à atteindre le seuil de revenu vivable.

Selon Philippe Hurteau, la bonification des services publics peut aussi faire une grande différence.

À Saguenay ou à Sept-Îles par exemple, le revenu viable calculé par l'IRIS est plus élevé que dans les autres centres urbains du Québec parce que les gens ont besoin d'une voiture pour se déplacer, une dépense évaluée à plus de 6000 $ par année.

Enfin, l'IRIS estime que l'atteinte du revenu viable doit également passer par une augmentation du salaire minimum, puisque la grande majorité des gens qui touchent 11,25 $ de l'heure vivent dans la précarité.

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