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Lutte contre la toxicomanie : le Centre le Rucher prévoit un déficit

Le Centre de traitement des dépendances Le Rucher, qui vient en aide aux personnes ayant des problématiques de toxicomanie, dit subir les impacts financiers des nouvelles mesures d'aide sociale imposées en mai par le gouvernement Couillard.

Le gouvernement a réduit à 200 $ par mois l'allocation mensuelle que reçoivent les prestataires pour payer leurs frais de séjour dans un centre de désintoxication lorsqu'ils participent à une thérapie pour vaincre une dépendance.

Or, selon Valérie Hourleaux, directrice générale du Centre Le Rucher situé à Saint-Augustin-de-Desmaures, les clients sont maintenant dans l'incapacité de défrayer la tarification de 195 $ par mois poursuivre la thérapie.

Le Centre a décidé de prendre sur lui cette tarification, ce qui se traduira cette année en déficit.

« On a offert la gratuité pour le programme thérapeutique, ce qui fait qu'il y a un déficit qui se crée dans le budget annuel. Avec le conseil d'administration, on a quand même budgété un déficit de 70 000 $. »

Mme Hourleaux estime que cette mesure nuit à la majorité de ses 35 résidents. « Quand dans une vie, on doit se réinsérer avec 200 $ par mois, il y a une difficulté qui est plus grande. Ce sont des gens qui nous arrivent ici démunis, souvent dans la rue, sans abri, donc se réinsérer, se vêtir, [...] les gens n'arrivent pas avec 200 $ par mois ».

Elle souligne que cette mesure peut même détourner des toxicomanes de la thérapie de longue durée. L'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance calcule que plus de 800 toxicomanes ont quitté ou refusé une thérapie depuis les nouvelles mesures.

Réinsertion difficile

Pour Dany Wagner, un résident qui suit une thérapie depuis cinq mois au Centre Le Rucher, la nouvelle mesure veut dire retourner en société d'ici quelques semaines, sans aucune économie.

« C'est bien beau qu'on ait un bon coffre d'outils, sauf qu'on n'a pas une cenne pour les appartements, les études. Moi, j'ai pas d'appartement, pas de meubles, j'ai rien. Je suis vraiment garroché dans la société, pis arrangez-vous avec ça », dit-il.

Dany Wagner espère que le gouvernement reviendra sur sa décision.

« J'aimerais ça qu'on soit considérés comme des futurs employeurs, des futures personnes qui vont travailler. Moi, je vais aller étudier en délinquance. Qu'ils nous prennent pour des adultes normaux, pas des consommateurs. »

Québec a offert d'analyser les déficits des centres et de verser une aide d'urgence dans certains cas, une subvention qui ne sera pas récurrente.

Dans les Laurentides, la mesure a causé la fermeture du Centre Mélaric, après 32 ans de service. Le centre dit ne plus avoir de liquidités financières pour continuer ses opérations.

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