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Lutter contre le discours haineux appartient à tous, croit Samir Ghrib

« Chacun de nous peut faire la différence. » Malgré la tragédie qui a frappé la communauté musulmane de Québec, il y a cinq jours, Samir Ghrib refuse de perdre espoir. Celui qui dirige l'équipe de soccer masculine du Rouge et Or, à l'Université Laval, estime que chaque citoyen peut faire sa part pour contrer les discours haineux.

Samir Ghrib est arrivé à Québec en 1984. Originaire de la Tunisie, ce musulman non pratiquant n’a pas été surpris que Québec ait été frappée par une attaque semblable à d’autres, observées ailleurs dans le monde au cours des dernières années.

Dans une lettre publiée sur un blogue du Rouge et Or, cet entraîneur croit néanmoins que l’attentat de dimanche « ne reflète en rien le véritable état d’esprit des Québécois qui est fait d’ouverture et de respect. Depuis son arrivée dans la capitale, il se sent partie intégrante de sa société d’accueil.

« Jamais, on ne m’a fait sentir que je venais d’ailleurs. Avant même d’obtenir mon statut d’immigrant et la nationalité canadienne, mes amis québécois avaient déjà fait de moi l’un des leurs, dès mon arrivée à Québec, en me renommant Samir…Tremblay », écrit-il.

Inquiétant discours haineux

Son expérience personnelle ne l’empêche toutefois pas de percevoir les sentiments de haine qui habitent certains individus. Il s’inquiète notamment de la présence de discours haineux sur les réseaux sociaux.

On dirait que les gens ne sont plus conscients que les mots sont des "armes de destruction massive".

Samir Ghrib, entraîneur de l'équipe masculine de soccer de l'Université Laval

Devant ce phénomène, Samir Ghrib en appelle à l’éducation et au rôle que chaque citoyen peut jouer. Il dit vouloir redoubler de vigilance et « décomplexer la parole positive ».

« Il faut chercher à comprendre, se battre avec des faits pour contrer cette haine qui nous divise. Chacun de nous peut faire la différence, dans son milieu, dans son environnement immédiat par des actions positives. »

Miser sur l'épanouissement des individus

Samir Ghrib constate qu’on parle souvent de saines habitudes de vie aux enfants; il aimerait maintenant qu’on leur parle des sentiments qu’ils vivent à l’intérieur d’eux-mêmes.

Je rêve d’un cours dans nos écoles primaires sur des saines habitudes de gestion émotionnelle, avec l’objectif d’apprendre à notre belle jeunesse comment nouer des rapports harmonieux et respectueux avec les autres, grâce à une communication non violente.

Samir Ghrib, entraîneur de l'équipe masculine de soccer de l'Université Laval

C’est en investissant des efforts dans l’éducation que les individus s’épanouiront et pourront ainsi encore mieux vivre-ensemble, dit-il. Samir Ghrib se fait un devoir d’inculquer l’ouverture à ses propres enfants.

« Pour leur expliquer la diversité, je leur donne l’exemple de mon père sur le bouquet de fleurs : un bouquet de fleurs avec plusieurs couleurs, c’est plus beau! »

À la fin de sa lettre, Samir Ghrib indique qu’il est convaincu que toute la société se relèvera de l’attentat au Centre culturel islamique de Québec. S’il croit qu’il faut demeurer vigilant, il affirme que « la société québécoise est forte ». Il a senti tout un vent de solidarité, ces derniers jours.

« Je suis allé à la vigile de lundi dernier, en compagnie de ma fille de 14 ans, et je ne me suis jamais senti aussi fier d’être Québécois », dit-il.

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