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Maltraitance dans Charlevoix : le ministre Barrette promet de faire la lumière

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a demandé une enquête sur les cas de maltraitance à l'endroit de bénéficiaires âgés ou en perte d'autonomie dans deux centres d'hébergement privés de Charlevoix. Trois hommes et une femme ont comparu ce matin, à La Malbaie, à la suite d'une enquête policière qui avait mené à une première arrestation en mai.

Gaétan Barrette s'est dit profondément choqué par cette affaire « insultante » pour tout le réseau de la santé, a-t-il dit.

« Dans l'appareil, il y a eu des hésitations que je ne tolérerai pas. Les gens qui posent des gestes répréhensibles vont être congédiés et les gens en autorité qui ont vu, ou laissé aller ça, aussi. Pour ce qui est de Charlevoix, la lumière va être faite », a promis le ministre.

Au moins deux des cinq suspects accusés de mauvais traitements ont des antécédents judiciaires en matière de violence, a précisé le ministre. Il ne comprend pas pourquoi ils ont réussi à se faufiler dans le système.

« On a des règles qui sont claires et qui font en sorte que les gens qui ont la responsabilité de conclure des contrats avec ces gens-là doivent vérifier les antécédents. Si quelqu'un a laissé passer ça, il y aura quelqu'un qui sera très imputable », a prévenu le ministre.

Enquête interne au CIUSSS

Dans le quotidien Le Soleil ce matin, une employée du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS), affirme que la direction était bien au fait de la situation. Sous le couvert de l'anonymat, la dame soutient que des employés ont décrié à plusieurs reprises les mauvais soins dispensés aux bénéficiaires.

Le CIUSSS assure qu'il n'avait pas ces informations. Une enquête interne a été instaurée à la suite de la publication de ce témoignage.

« On est en train de se faire un protocole d'évaluation. On va aller rencontrer le personnel dès cette semaine. On va voir tous les éléments au dossier, vérifier s'il y a des informations qui ont été portées à leur connaissance et qui n'ont pas été prise en compte avant les décisions qu'on a prises au printemps », indique Guy Thibodeau, président-directeur général adjoint du CIUSSS.

La direction se défend bien d'avoir fait preuve de négligence dans la supervision des résidences privées sous sa gouverne.

M. Thibodeau soutient que même si des intervenants procèdent régulièrement à des visites, les interactions auprès des personnes plus vulnérables sont complexes. Les bénéficiaires étaient tous sous la responsabilité du Curateur public du Québec.

« La complexité d'une situation comme ça, c'est qu'on s'adresse à des clientèles qui ne s'expriment pas. Donc, c'est difficile à moins de voir des faits ou avoir des données qui sont très, très claires », explique Guy Thibodeau.

« Pour la première victime, on a découvert que des choses n'allaient pas quand elle a été hospitalisée », précise-t-il.

Une surveillance accrue

Quelque 32 personnes avaient été relogées dans d'autres résidences de la région après la première arrestation. Le CIUSSS assure qu'il a resserré sa surveillance depuis.

« Depuis 2014 maintenant, on peut exiger des ressources qu'elles nous fournissent les antécédents judiciaires ou non. On est en train de se mettre à jour par rapport à ça. On donne un blitz pour s'assurer de la qualité de nos milieux », précise M. Thibodeau.

Le propriétaire des deux résidences, Rémy Bernier, de même que Herman Warren, de La Malbaie, André Demers, de Québec, et Lisette Belleau, de Baie-Saint-Paul, font face à 12 accusations de voies de fait, voies de fait avec lésions et menaces de mort à l'endroit de 12 bénéficiaires.

Pour écouter l'entrevue de Guy Thibodeau à Première heure

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