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Manifestants contre l'exploitation pétrolière à Québec

Environ 250 personnes ont manifesté samedi devant l'Assemblée nationale, à Québec, pour demander le retrait de la Loi sur les hydrocarbures et rappeler au gouvernement qu'il a promis lors de la Conférence sur le climat de Paris, en 2015, d'interdire l'exploitation des gaz de schiste sur le territoire québécois.

La manifestation survient un peu plus de deux semaines après que le gouvernement Couillard eut proposé quatre projets de règlements pour fin d'étude dans le cadre de la Loi sur les hydrocarbures qui doit entrer en vigueur d’ici la fin 2017.

Le cortège a commencé sa marche sur la Grande Allée jusqu'à l'avenue Cartier. Plusieurs politiciens, dont Sylvain Rochon du Parti québécois, Sol Zanetti d'Option nationale et Manon Massé de Québec Solidaire ont pris la parole.

Québec solidaire veut que le gouvernement Couillard retire les projets de réglements.« Parce qu'en plus d'avoir une loi complaisante, ils ont des réglements qui donnent toute la lassitude aux entreprises prétrolières et gazières pour faire ce qui veulent faire », a fait savoir Manon Massé.

Le gouvernement suggère notamment une distance séparatrice minimale de 175 mètres entre un forage et un quartier résidentiel, ou 150 mètres pour une maison isolée.

Québec ouvre aussi la porte au forage sous les rivières, les lacs, le fleuve Saint-Laurent et n’écarte pas l’utilisation de fracturation hydraulique avec des produits chimiques.

Le projet de loi sur les hydrocarbures avait été adopté en décembre 2016. Le gouvernement de Philippe Couillard avait imposé le bâillon pour forcer l’adoption du volumineux projet de loi de quelques centaines d’articles.

« Il faut réaliser qu'en pleine nuit, sous bâillon, a été adopté une loi sur les hydrocarbures et les députés ne pouvaient pas connaître la portée, parce que cette portée ne se trouvait dans les réglements qu'ils viennent de publier. », souligne le député de Richelieu et porte-parole en matière d'énergie et de ressources naturelles pour le Parti québécois, Sylvain Rochon.

Le péquiste ajoute que la fracturation qui est permise dans ces réglements est interdite ailleurs au pays et dans le monde.

Un gouvernement qui n’est pas « propétrole »

Selon le ministre de l’Environnement, David Heurtel, interrogé par RDI Matin Week-end, samedi, le Québec « est en train d’effectuer une transition majeure ».

« On est en train de délaisser les hydrocarbures dans cette transition-là », dit-il.

M. Heurtel en veut pour preuve le fait que le Québec « vient de signer une entente historique avec l’Ontario, qui va se joindre au marché du carbone qu’on a déjà avec la Californie ». Il affirme également qu’en trois ans, le Québec a investi 1,8 milliard de dollars à travers le Fonds vert pour délaisser les énergies fossiles et investir dans les énergies renouvelables.

Le ministre de l’Environnement insiste sur le fait que les projets de règlements sur les hydrocarbures qui ont été récemment déposés sont encore à l’étude.

« Moi ce que je veux, c’est qu’on entende tous les points de vue. On va les considérer comme gouvernement, et après ça, il va y avoir un règlement final », dit-il.

David Heurtel rappelle également qu’il existe des règlements environnementaux qui peuvent limiter la portée de la Loi sur les hydrocarbures, dont la nouvelle Loi sur la qualité de l’environnement, qui prévoit que tous les projets concernant l’exploitation des hydrocarbures doivent être obligatoirement soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, le règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection et la loi sur la protection des milieux humides.

« Le pétrole ça fait réagir, mais de dire qu’on est absolument propétrole, ce n’est pas vrai », poursuit-il.

Projets de règlement dénoncés

« On sait très bien que s’ils veulent explorer, c’est parce qu’ils veulent exploiter éventuellement. C’est pour protéger nos lacs, nos rivières, notre eau potable, qu'on manifeste », explique de son côté l’organisatrice de la manifestation, Sophie Leblanc.

C’est également au nom de ses deux enfants que Sophie Leblanc a décidé d'organiser cette manifestation pour dénoncer l'exploitation des hydrocarbures.

Des autobus en provenance des quatre coins du Québec se sont rendus à Québec.

« Le temps presse, la science le dit, il faut qu’on change nos habitudes de vie si on veut survivre. Pour mes enfants, je vais me battre jusqu’au bout pour qu’on puisse leur offrir un environnement et un avenir qui a de l’allure, qu’il leur reste de l’eau potable à boire, de l’air pur à respirer et des arbres », affirme-t-elle.

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