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Manifestation contre la violence sexuelle à Québec

Une manifestation en guise de solidarité à l'égard des victimes d'agression sexuelle aura lieu mercredi soir devant l'Assemblée nationale, à Québec. Les organisatrices de l'événement veulent dénoncer ce qu'elles appellent la « culture du viol » et provoquer une réflexion collective afin que le témoignage des victimes cesse d'être « systématiquement remis en doute ».

Un texte de Louis Gagné

« On considère qu’on vit malheureusement dans un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent parfois des justifications, des excuses ou sont juste banalisées, voire acceptées, ce qui fait en sorte que les victimes doivent porter la responsabilité du crime », déplore Mélanie Lemay, du mouvement Québec contre les violences sexuelles, un des instigateurs de la manifestation.

Mme Lemay soutient que cette tendance à ne pas croire les victimes d’agression sexuelle découle de plusieurs siècles de « sexisme », de « préjugés » et de « stéréotypes » de toutes sortes. Elle ajoute que seule une prise de conscience collective permettra d’y mettre fin ou à tout le moins de « minimiser l’impact que notre histoire a sur nous ».

« Tant et aussi longtemps qu’on ne va pas faire une espèce de mea culpa puis essayer de regarder collectivement comment on pourrait faire pour améliorer la discussion qu’on a envers les victimes d’agression sexuelle, bien on va continuer finalement de mettre ces gens-là au silence », explique-t-elle.

Tout le monde, en raison de la culture du viol, est sujet à participer à cette culture-là dans le sens où on a tous subi la même éducation sexuelle.

Mélanie Lemay, cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles

Changement de culture

Mélanie Lemay mentionne que ce changement de culture passe notamment par des cours d’éducation sexuelle, une plus grande sensibilisation des élus et un meilleur accès à des ressources pour les personnes qui souhaitent modifier leur propre comportement qu’elles jugent à risque pour autrui.

La manifestation qui se déroulera à Québec commencera à 18 h devant l’Assemblée nationale. Les représentantes de différents groupes de femmes prendront la parole à 18 h 15. Vers 19 h, les participants à l’événement seront invités à marcher dans les rues entourant le parlement.

La marche va commencer et se terminer près de la fontaine de Tourny. Des rassemblements similaires auront également lieu à Montréal et à Sherbrooke.

Affaire Sklavounos

La manifestation de mercredi soir survient moins de deux semaines après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ait décidé de ne pas porter d’accusation criminelle contre le député Gerry Sklavounos, qui était visé par des allégations d’agression sexuelle à l’endroit d’une étudiante de l’Université Laval, Alice Paquet.

La décision du DPCP a semé la consternation chez certains groupes et associations de défense des victimes d’agressions sexuelles, qui maintiennent leur appui envers Alice Paquet, comme l’ont fait des élues de l’Assemblée nationale, dont Manon Massé, de Québec solidaire.

Mélanie Lemay affirme qu’Alice Paquet participera à la marche de Québec. « Elle tient à y aller en guise de solidarité envers l’ensemble des victimes. C’est un appel à tous qu’elle nous avait lancé, de nous mobiliser et de continuer la lutte parce que malgré tout, elle considère que ça vaut la peine de dénoncer, ça vaut la peine de mettre la lumière sur l’ensemble des problématiques qu’on a dans notre société. »

Manifestation inclusive

La manifestation visant à dénoncer la culture du viol se veut « inclusive, mixte et intersectorielle ». Les organisatrices souhaitent y voir des femmes et des hommes, mais aussi des familles.

« On porte le flambeau pour la prochaine génération. C’est pour les enfants actuellement qu’on milite et qu’on se bat parce que pour notre génération et celle qui nous précède, c’est déjà un peu trop tard, on baigne déjà dans cette ambiance-là, mais je pense qu’il y a moyen de collectivement prendre conscience de ce phénomène-là et de s’assurer que les générations qui s’en viennent n’auront pas à vivre dans le même sexisme et la même problématique », indique Mélanie Lemay.

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