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Manifestations à Québec : Jaggi Singh demande une panoplie de documents

Le militant Jaggi Singh s'adresse à la cour municipale, vendredi, pour demander la divulgation de différents éléments de preuves qui ont conduit à son arrestation le 29 août dernier, à la suite d'une manifestation contre le racisme à Québec.

Le manifestant a fait cette requête pour obtenir des documents qui visent à bâtir sa défense lors de son procès pour entrave et supposition de personne.

L'homme de 46 ans a été arrêté une première fois le jour de la manifestation du 20 août, mais avait été relâché au bout d’une heure sans qu’aucune accusation ne soit déposée contre lui.

Il avait été arrêté à une deuxième reprise le 29 août, cette fois à Montréal, à la suite d’une enquête menée par le Module des crimes généraux du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Jaggi Singh souhaite notamment obtenir les communications qu’il y aurait eu entre les policiers de Québec, le cabinet du maire Labeaume et les groupes d'extrême droite. Il réclame les notes et rapports produits par la police avant, pendant et après la manifestation. Il veut aussi mettre la main sur des bandes audio et vidéos.

La Couronne a indiqué qu’une partie des documents ont été remis à l’accusé. Toutefois, certains sont caviardés.

Un risque, selon l’enquêteur principal

L’enquêteur principal au dossier, le sergent-détective Stéphane Noël du SPVQ, a été appelé à témoigner par la Couronne.

Il affirme que la publication des échanges entre les policiers lors de la manifestation représente un risque pour les opérations futures.

Selon lui, ces documents révéleraient les tactiques et les pratiques opérationnelles de l'Unité du Maintien et du Rétablissement de l'Ordre (UMRO). Des manifestants pourraient ainsi anticiper et nuire aux opérations policières.

Liens avec l’extrême droite

Jaggi Singh souhaite démontrer qu'il y a eu abus de procédures dans ce dossier et juge que les accusations portées contre lui sont exagérées par rapport aux faits qui lui sont reprochés.

Le militant soutient que la Couronne n’a pas suivi les directives du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en déposant des accusations criminelles. Il croit qu’une contravention était plus logique.

Il soutient que les propos tenus à son endroit par Régis Labeaume dans les jours suivant la manifestation ont joué un rôle dans son arrestation. Il affirme aussi que le maire disait qu’il était le leader d’un groupe anarchiste.

Le militant affirme par ailleurs qu’un ancien policier est responsable de la sécurité du groupe identitaire La Meute.

Jaggi Singh soutient qu'une trentaine de policiers travaillaient clandestinement le 20 août. Une information qui n'a pas encore été prouvée.

Ces allégations constituent des preuves, selon lui, que des liens entre la municipalité et des groupes d’extrême droite le privent de son droit à un procès juste et équitable.

Avec les informations de Jean-François Nadeau

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