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Marijuana thérapeutique : un point de vente s'installe sur Saint-Vallier

Il y a deux semaines, un nouveau commerce est apparu sur la rue Saint-Vallier, à Québec. Le point de vente La croix verte se décrit comme une « clinique spécialisée dans les soins connexes au cannabis médical ». Mais à peine installée, la copropriétaire admet qu'elle n'opère pas dans la légalité.

« Je ne crois pas, non », concède la propriétaire Shantal Arroyo en réponse à la question sur la légalité de son commerce. « Mais on est légitime », s'empresse-t-elle d'ajouter.

Au mois d'août, la police de Québec démantelait Weeds, herbes et curiosités, un point de vente de marijuana qui avait pignon sur rue tout près de là où La croix verte vient d'ouvrir ses portes.

Shantal Arroyo précise que son commerce n'a pas la même vocation. À Montréal, La croix verte est toujours ouverte après deux années d'activité.

« Ce sont des professionnels qui travaillent ici [...] On est là pour encadrer l'usage et non pour le donner at large à tout le monde », dit-elle, s'appuyant sur la présence d'infirmières et d'un biologiste.

Shantal Arroyo n'en est pas à ses premiers faits d'armes dans le monde de la marijuana. Elle était responsable du Centre Compassion de Québec au moment de sa fermeture, en 2010.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) hésite pour l'instant à commenter l'arrivée de La croix verte dans la capitale. « C'est trop tôt », indique le porte-parole du SPVQ, Étienne Doyon, ajoutant qu'aucune infraction criminelle ne sera tolérée.

« Les produits qui sont vendus, est-ce que ce sont des produits qui sont homologués par Santé Canada? Ce sont des choses qui vont être vérifiées avant de statuer sur la légalité ou l'illégalité de ce commerce-là », illustre-t-il.

Un accès contrôlé

Contrairement à Weeds, herbes et curiosités, l'accès à La croix verte est strictement contrôlé. « Ça prend absolument une carte pour entrer. C'est nous qui l'émettons et si on l'émet, c'est parce que tous les professionnels ont approuvé [le client] », détaille la copropriétaire.

Depuis son ouverture, le commerce aurait accueilli plusieurs dizaines de clients.

« Il faut avoir une condition médicale chronique quand même assez grave et majeure. Il faut avoir un dossier médical, si possible une prescription ou une référence », explique Shantal Arroyo.

Et que faire avec un client qui n'a pas de prescription? « On va lui demander d'emmener son dossier médical, de faire signer un papier par son médecin qui présente sa condition médicale, aussi, si possible, une recommandation du médecin. »

Consciente des risques auxquels elle s'expose, Shantal Arroyo dit attendre « impatiemment » le projet de loi fédéral qui doit mener à la légalisation de la marijuana au Canada.

« On espère qu'ils vont reconnaître les cliniques comme nous. On espère que ce ne sera pas trop axé vers le profit, que ça va être surtout être axé vers l'encadrement », affirme-t-elle.

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