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Maxime Bernier essuie la colère des producteurs de lait

Des producteurs de lait ont exprimé leur mécontentement, mardi soir, à l'occasion d'un débat organisé en Beauce par l'Union des producteurs agricoles (UPA) de Chaudière-Appalaches. Une centaine de producteurs laitiers sont venus dire aux candidats fédéraux ce qu'ils pensaient de l'entente de Partenariat transpacifique.

Un texte de Louise Boisvert

« Il n'y a pas meilleur système que le nôtre! » s'est exclamé d'entrée de jeu, Bertrand Boutin, producteur de lait.

Pendant plus d'une heure et demie, des agriculteurs ont pris la parole à tour de rôle pour dénoncer l'entente de libre-échange qui, en combinaison avec l'entente de libre-échange avec l'Europe, amènerait une plus grande ouverture du marché canadien aux produits laitiers étrangers à la hauteur de 8,25 %.

« 92 % du marché est à vous », a répété plusieurs fois le conservateur, Maxime Bernier, seul candidat interpellé lors de la période destinée aux questions du public.

Le candidat conservateur a voulu se faire rassurant en soulignant que l'accord allait permettre de sauver l'industrie agricole. Le gouvernement fédéral a réussi, selon lui, à préserver les revenus des agriculteurs en prévoyant une compensation financière pour essuyer les pertes à venir.

« Tu vas nous envoyer un chèque de bien-être agricole Maxime », a lancé Renaud Lachance, producteur de lait de Saint-Évariste, visiblement irrité. « Je n'ai pas de félicitations à vous faire. On n'est pas de bonne humeur », a-t-il ajouté sous une pluie d'applaudissements.

« Qu'est-ce qui va arriver par la suite? » s'est inquiété Bruno Cyr. Le producteur de Saint-Elzéar craint que cette nouvelle brèche dans le système de gestion de l'offre n'ouvre dorénavant la porte à d'autres changements au détriment des producteurs de lait déjà vulnérables.

Les agriculteurs craignent également que l'assouplissement des règles ne vienne faciliter la tâche de certains producteurs étrangers qui réussissent déjà à contourner les règles canadiennes, qui sont parmi les plus sévères au monde.

Au terme de l'exercice, les producteurs de lait sont repartis peu rassurés par les propos du candidat conservateur. Maxime Bernier demeure persuadé que l'entente est bonne et que, malgré tout, il a l'accord des producteurs même si aucun d'entre eux n'a pris la parole au cours de la soirée pour l'appuyer.

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