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Megadeth : le métal à l'honneur au Centre Vidéotron

Huit mois après son fracassant passage sur les plaines d'Abraham, Megadeth était de retour à Québec jeudi soir, cette fois pour présenter les pièces de son plus récent disque Dystopia. Près de 6000 amateurs étaient au rendez-vous au Centre Vidéotron pour cette grande célébration métal.

Un texte de Jean-Simon Fabien

Dès les premières notes de Hangar 18 la foule, discrète jusque-là, s'est enflammée pour la troupe de Dave Mustaine. Le légendaire guitariste, pionnier du thrash metal, était accompagné ici de deux nouveaux membres : Chris Adler (Lamb Of God) à la batterie et Kiko Loureiro à la guitare. Ils étaient complétés par un claviériste et par le vieux complice de Mustaine, David Ellefson à la basse.

Pour le 44e arrêt de la tournée Dystopia, le groupe a su combler ses nombreux amateurs dans la capitale en enchaînant les succès qui ont fait sa renommée. Les indémodables albums Rust In Peace (1990) et Peace Sells (1986) ont été les mieux représentés.

Durant Wake Up Dead, la foule battait le rythme en chantant, le poing levé bien entendu. Il n'en fallait pas plus pour faire décoller la soirée. De quoi satisfaire les partisans de la première heure de Dave Mustaine, souvent critiqué depuis une vingtaine d'années pour ses incursions dans des sonorités plus accessibles.

L'album qui a précédé Dystopia, Super Collider (2013), en a d'ailleurs déçu plus d'un pour cette raison, forçant même Mustaine à embaucher du nouveau personnel tant cet album a créé des tensions au sein du groupe.

Mais Megadeth a su rapidement se relever. Le résultat : Dystopia. Un album efficace qui, sans réinventer la roue, a l'avantage de maximiser les forces du groupe. L'album est paru le 22 janvier dernier.

En guise d'introduction à Post American World, le guitariste de 54 ans a raconté au public l'appel des organisateurs du Festival d'été en vue du passage de Megadeth en juillet dernier sur les plaines.

« Nous étions en train d'enregistrer Dystopia, et nous n'avions jamais joué ensemble en concert. Mais nous savions qu'en venant devant les amateurs de Québec ça serait parfait. Si on veut jouer à Québec? Oh Yeah », s'est exclamé le chanteur en anglais.

Sur la scène du Centre Vidéotron, c'est exactement ce à quoi les membres du groupe se sont affairés : livrer sans artifice leur métal technique, mais accrocheur, accompagné d'une dose de théorie du complot et de paranoïa politique. Même le décor, évoquant celui d'une station spatiale, était somme toute épuré comparativement à l'iconographie complexe qui fait la renommée du groupe.

Megadeth a bien su niveler l'intensité tout au long du spectacle, mais a tout de même gardé ses plus gros canons pour la fin : Symphony Of Destruction juste avant le rappel, précédent Peace Sells et l'ultime Holy Wars.

« Bonsoir! Je crois que quelqu'un parle français ici ? »

Children Of Bodom a livré une performance bien ficelée ponctuée de quelques interventions en français. Le chanteur et guitariste, Alexi Laiho, a confié à la foule qu'après une trentaine de concerts avec Megadeth, il était heureux d'avoir appris étant jeune quelques-uns des classiques de son groupe préféré.

Côté performance, le groupe scandinave mieux connu pour ses prouesses techniques que pour sa présence scénique a comblé les amateurs.

Avant même l'arrivée du quintette pour sa performance, la foule s'est emballée lorsque les lettres COBHC, symbole du groupe, se sont illuminées derrière la scène.

Le groupe américain Havok a ouvert la soirée avec une prestation bruyante et énergique. S'inscrivant dans la tradition du thrash metal, le groupe de Denver n'a pas hésité, malgré son rôle ingrat, à interpeller la foule qui a bien répondu à l'appel en s'agitant sur le parterre.

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