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Metallica fait tout un party à sa famille de Québec

« Nous sommes heureux de venir célébrer ici avec la famille Metallica de Québec », a entonné James Hetfield après une entrée en matière composée de Hardwired et de Atlas, Rise!. Le ton était donné vendredi soir sur les plaines d'Abraham : les membres de Metallica sont de retour à la maison et ils ont faim.

Un texte de Jean-Simon Fabien

Six ans après avoir instauré un record d’assistance sur le site des plaines d’Abraham, Metallica a repris son dû dans la capitale avec un concert impérial, sans faille.

En 2001, Metallica lançait le documentaire Some Kind Of Monster en marge de la parution de son album St. Anger. Ce titre prend tout son sens lorsqu'on voit Metallica sur les Plaines : ils sont un monstre d'un tout autre acabit.

Monstres de rigueur, bêtes de scène, rythmes titanesques et colossal répertoire de succès et d’inoubliables brûlots thrash métal. Rien que ça.

Un concert bien équilibré

Toutes deux tirées de Hardwired… To Self-Destruct, paru en novembre dernier, les deux premières chansons ont prouvé aux sceptiques que le groupe californien pouvait encore avoir l’énergie des beaux jours en performant des chansons à haut tempo. Le quatuor ajoutera plus tard les chansons Moth Into Flame et Now That You’re Dead à sa proposition. Celles-ci sont également tirées du plus récent disque.

Et pour la suite, les amateurs de toutes les époques de Metallica ont été comblés avec pas moins de neuf pièces issues des quatre premiers albums, tous parus dans les années 80. Outre les incontournables, One, Fade To Black et Master Of Puppets, Harvester Of Sorrow et Whiplash ont été parmi les plus réussies.

Metallica a bien évidemment joué cinq pièces datant des années 90. Le plaisir coupable Fuel, extrait du mal aimé Reload, ainsi que cinq canons du Black Album : Enter Sandman, The Unforgiven, Nothing Else Matters et la costaude Sad But True, irrésistible en concert avec la puissance des haut-parleurs de la scène des plaines.

Sons et lumières

Avec une mise en scène somme toute sobre pour les deux premiers tiers du spectacle, c’est à l’introduction de l’épique One que des effets lumineux et la pyrotechnique ont été mis à profit.

Des rayons lumineux en provenance de la scène ont créé un quadrillage au-dessus de la marée humaine rassemblée sur le site; un bel ajout.

Une foule amadouée

Devant ses idoles, les amateurs de Québec ont certes été bruyants, mais étonnamment attentifs, comme s’ils ne voulaient rien manquer du spectacle. Il y a bien eu quelques surfeurs de foule qui se sont élevés au-dessus des têtes, mais on sentait que le public était amadoué, voire transi, par la force de frappe et l’exécution de Metallica.

Il faut dire que James Hetfield, Robert Trujillo et Kirk Hammet étaient en grande forme vendredi soir. Le dernier particulièrement à la six cordes, multipliant les solos et les improvisations, comme celle qu’il a amorcée sur le rythme de I Disappear, chanson que le groupe a composée pour la bande originale du film Mission Impossible II.

Même Lars Ulrich aux tambours, souvent critiqué pour sa gestion déclinante des temps (un réel problème pour un batteur, dit-on), semblait galvanisé par l’énergie de la foule.

Metalord en lever de rideau

Dès le coup de 19 h, la formation de Québec Metalord a réchauffé le public des Plaines avec son thrash métal classique et inspiré.

Alors que le site des Plaines se remplissait encore, une foule calme, mais compacte s’était massée devant la scène Bell. Les vétérans musiciens ont toutefois su faire participer la foule, notamment lors des morceaux Overthere et Speed Of Life. Une prestation qui mettait la table avec énergie à cette soirée métal.

« Le métal au Québec c’est icitte que ça se passe »

Avec l’arrivée sur scène de Voivod, l’intensité a grimpé d’un cran. Le volume également.

Avec Killing Technology le légendaire groupe originaire de Jonquière a planté son drapeau sur la scène Bell. Denis « Snake » Bélanger, le pied de micro brandi au-dessus de son épaule a pris possession des lieux alors que devant lui s’élevaient des nuages de fumée de plus en plus nombreux.

Après un coup d’envoi plus classique avec le son de Metalord qui s’inscrit dans la tradition du Big Four, Voivod a réaffirmé sur la scène des Plaines son statut de pionnier du métal avec son unique assemblage d’industriel, de punk de métal et d’influences progressives.

D’ailleurs c’est durant la rapide The Prow que les premiers «  mosh-pits » ont été aperçus dans la foule, ces proverbiaux cercles clairsemés dans lesquels les corps des amateurs s’entrechoquent en de viriles accolades.

Avec dix pièces puisées dans son répertoire s’étalant sur trois décennies, Voivod a livré une prestation impériale, à la hauteur de leur réputation.

Denis « Snake » Bélanger, Michel « Away » Langevin, Daniel « Chewy » Mongrain et Dominic « Rocky » Laroche ont su occuper l’imposante scène et préparer la foule pour Metallica.

La citation de la soirée revient toutefois à Snake, alors que le site des Plaines était en voie d’afficher complet, lorsqu’il a salué ce rassemblement de « métal à grande échelle ». C’était exactement ça, « car au Québec, le métal, c’est icitte [sur les plaines d’Abraham] que ça se passe », a-t-il ajouté.

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