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Metallica : l'énergie des beaux jours sur Hardwired... to Self-Destruct

Le dixième album du groupe californien succède donc à Death Magnetic, sur lequel James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo effectuaient le proverbial « retour aux sources » tant attendu par les amateurs.

Hardwired… to Self-Destruct voit d’ailleurs Metallica reprendre le collier là où il l’avait laissé il y a huit ans : des compositions rapides, des guitares tranchantes et de nombreux solos, le tout teinté d’une touche de thrash métal des débuts.

Ce nouvel album intègre aussi les éléments hard rock de son catalogue, caractéristique des albums parus entre Metallica, dit l’album noir, en 1991 et St. Anger, en 2003. Cette période est souvent boudée par les amateurs de la première heure et parfois même répudiée pour des raisons parfois obscures (trahison, les gars se sont coupé les cheveux!).

À juste titre, la pièce Dream No More a la trempe de Sad But True avec son lent rythme de guitare et la batterie qui appuie l’assaut avec lourdeur. Confusion et Now That We’re Dead ont également une parenté légitime avec l’album homonyme de 1991.

De la même manière, Am I Savage aurait pu être un titre de Load (1996). On se situe dans un registre métal aux accents blues similaire à ce que l’on retrouve sur beaucoup de morceaux de Load, le côté country en moins. Manunkind joue aussi dans les mêmes territoires.

Pour certains amateurs, cet amalgame des genres dans l’approche de Hardwired… to Self-Destruct est une bonne nouvelle.

« Hardwired pourrait bien être le chaînon manquant entre l’album noir et Load », a analysé Sébastien Houde du Boulevard Brutal, blogue dédié à la culture métal et dont une bonne part de la bande passante est attribuable à Metallica.

Quant aux puristes, les admirateurs de la première heure, ils trouveront également leur compte sur ce nouveau disque. Atlas, Rise!, Moth Into Flame et surtout sur la puissante Spit Out the Bone, semblent avoir été forgées dans le même brasier dans lequel le quatuor a façonné Kill ‘Em All en 1983.

Pas mal pour des musiciens multimillionnaires que l’on croyait finis lorsqu’ils ont filmé et commercialisé leur thérapie de groupe au début des années 2000.

Ces intentions sont appuyées par les textes et les prouesses vocales de Hetfield qu’on sent en grande forme. Si le principal maillon faible de Death Magnetic était les paroles, le niveau est considérablement rehaussé ici.

Murder One est d’ailleurs un bon exemple de la qualité de la plume du grand chanteur. Truffée de référence à Motorhead - emblématique groupe de heavy métal britannique - la pièce se veut un vibrant hommage à la mémoire de Lemmy Kilmister, le légendaire bassiste et chanteur de la formation décédé plus tôt cette année. Murder One était le surnom que le musicien avait donné à son assourdissant amplificateur de tournée.

Réalisation : changement dans la continuité

L’étoffe de Hardwired… to Self-Destruct repose en bonne partie sur le travail de Greg Fidelman qui reprend la chaise de Rick Rubin après l’avoir assisté pour les sessions studio du dernier album.

Fidelman n’est pas un nouveau venu pour autant : il a participé comme ingénieur ou réalisateur à la discographie d’à peu près tous les grands groupes de métal des deux dernières décennies. Slayer, Black Sabbath, Slipknot, Marilyn Manson et System Of A Down sont notamment listés à son C. V.

Bref, rien n’a été laissé au hasard dans la production de ce dixième album, à commencer par le titre dans lequel les points de suspension évoquent …And Justice For All (1988). À voir maintenant comment cet album sera reçu et quelle direction prendra par la suite Metallica.

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