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Meurtre d'Hygin Veilleux : l'accusé donne tous les détails

Au procès de Jean-Francois Roy, le jury a visionné la vidéo de l'interrogatoire policier de l'accusé qui décrit, froidement, comment il a tué le chauffeur de taxi beauceron Hygin Veilleux en novembre 2014.

Lors de cet entretien filmé qui dure près de trois heures, l'accusé explique dans les moindres détails ce qui l’a poussé à poignarder le vieil homme de 73 ans.

Roy se montre très coopératif avec l’enquêteur Sylvain Jean de la Sûreté du Québec qui mène l’interrogatoire. Quelques heures plus tôt, il a déjà avoué le meurtre aux policiers alors qu’il était rencontré à titre de suspect.

Mis en arrestation après cet aveu, Roy est amené dans une salle d’interrogatoire pour filmer sa déposition.

« J’avoue tout », lâche le jeune homme qui a renoncé à son droit de consulter un avocat.

Un défi personnel

Trois semaines après une tentative de suicide, Jean-Francois Roy décide de se faire une « initiation personnelle ».

Il a déjà réalisé plusieurs petits vols et veut voir s’il peut tuer quelqu’un sans se faire prendre.

La veille, il prépare couteau, gants et vêtements et planifie le meurtre d’un chauffeur de taxi de Saint-Georges.

Le lendemain matin, après avoir appelé un taxi d’une cabine téléphonique, il demande de se rendre dans le stationnement d’un commerce à Beauceville près d’un chantier où il y a des travailleurs.

« Ça passe ou ça casse », explique-t-il à l’enquêteur Sylvain Jean qui lui demande pourquoi il avait choisi un endroit où il y avait du monde.

« J’ai pris mon couteau pis je lui ai planté dans la tête », raconte par la suite Roy, avec détachement.

Il va même reproduire les gestes qu’il a posés avec l’enquêteur qui joue le rôle du chauffeur de taxi.

Jean-François Roy explique avoir donné deux coups de couteau au coeur et au poumon du pauvre homme de 73 ans, mais qu’il respirait toujours.

Toujours en mimant le drame, il expose à l’enquêteur comment il a étouffé la victime pour qu’elle rende son dernier souffle. « Je ne voulais pas qu’il souffre non plus », justifie-t-il.

L'état psychologique de l'accusé

Comme Jean-François Roy avoue avoir tué le chauffeur de taxi, la cause repose sur son état psychologique au moment du crime.

L’enquêteur Jean lui a d’ailleurs demandé dans quel état mental il se trouvait quand il est passé à l’acte. « Je n’avais pas la moindre émotion. Ni avant, ni pendant, ni après », répond le bénéficiaire de l’aide sociale.

L’enquêteur veut alors savoir ce qu’un meurtre représente pour Roy. « C’est mal, c’est la pire affaire. Je ne recommencerai pas », assure le père d’un jeune enfant.

Consommateur régulier de cannabis, Jean-François Roy soutient qu’il était parfaitement à jeun lorsqu’il a tué Hygin Veilleux.

Quand l’enquêteur va lui demander s’il a été bien traité par les services de police, Jean-François Roy répond par la positive: « Surtout en conséquence de ce que j’ai fait, je suis stupéfait. »

L’enquêteur lui offre aussi de laisser un message à l’intention du fils de la victime. Roy va alors parler d’un geste impardonnable. “C’est vraiment niaiseux. Je suis tellement désolé, mais ce n’était rien de personnel”.

Le fils de la victime qui assiste au procès n’était pas dans la salle d’audience pour entendre cette partie de l’interrogatoire vidéo.

Le procès va se poursuivre lundi.

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