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Mieux encadrer le stress post-traumatique chez les camionneurs

Depuis qu'un homme s'est enlevé la vie devant son camion en 2013, Patrick Forgues ne peut plus se tenir derrière un volant.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Le camionneur de Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches, circulait sur l’autoroute 40 à la hauteur de Neuville, en plein mois de février, lorsqu’il a aperçu une voiture stationnée sur l’accotement.

« Quand je suis arrivé à une centaine de pieds, la portière s'est ouverte. L'homme a débarqué de la voiture pour sauter en avant de mon véhicule. Naturellement, je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit », se rappelle Patrick Forgues.

L’homme de 40 ans souffre maintenant du syndrome de stress post-traumatique sévère. Il a tenté un retour au travail, sans succès. « Ma vie a basculé cette journée-là », affirme-t-il.

Meilleur encadrement

Accompagné de sa conjointe, Patrick Forgues milite maintenant pour que les camionneurs victimes d’un grave accident et leur famille soient mieux accompagnés et éduqués sur les effets du syndrome du stress post-traumatique.

« On ne sait pas dans quel enfer on va. Ma conjointe n'a pas été prise en main. Même si j'avais des intervenants, c’est bien que la famille soit au courant », prévient-il.

Sa conjointe, Kareen Lapointe, a mis sur pied l’organisme Syndrome du Stress Post Traumatique chez les camionneurs, avec l’aide d’une psychoéducatrice, pour aider d’autres personnes qui vivent la même situation.

« Chez les militaires, chez les premiers répondants, il y a des protocoles qui sont mis en place qui n’existent pas chez les camionneurs présentement », dénonce-t-elle.

Elle veut ainsi faire pression sur le gouvernement pour, qu’au-delà des gestes volontaires, les camionneurs impliqué dans des accidents graves obtiennent un suivi psychologique.

Entre 2011 et 2016, 17 % (397 sur 2315) des décès sur les routes du Québec sont survenus dans un accident impliquant un véhicule lourd.

« Dans les 24 à 48 heures, d'avoir au moins un suivi pour pouvoir ventiler avec un intervenant spécialisé sur ce qu'on a vécu, nos émotions et décrire la peur qu’on a vécue. Ça peut faire 50 % du travail », croit-elle.

Kareen Lapointe et son conjoint Patrick Forgues rencontreront la ministre du Travail, Dominique Vien, mardi. Ils espèrent que leurs recommandations soient appliquées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du Travail (CNESST).

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