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Mohamed Labidi veut poursuivre son combat contre l’ignorance envers l’islam

En août dernier, le véhicule du président du Centre culturel islamique de Québec a été incendié en pleine nuit. Mohamed Labidi s'est retiré de la vie publique après ce geste considéré comme un crime haineux par la police. Le premier anniversaire de l'attentat à la grande mosquée marque son retour afin de terminer le travail commencé.

Un texte de Cathy Senay

Calme, les yeux fatigués mais la voix claire, Mohamed Labidi nous a rencontrés pour la première fois depuis cet été.

« L’incendie a fait mal », dit-il pour justifier son silence depuis l'automne dernier. « C’est normal. À un certain moment, il faut prendre un recul pour analyser la situation et voir comment on peut avancer. »

Dans la foulée de l'attentat qui a fait six morts à la mosquée, Mohamed Labidi a été projeté à l’avant-scène médiatique, et ce, bien malgré lui : « Nous ne l’avons pas fait par gaieté de cœur. [...] Je le faisais pour les 17 orphelins. Pour attirer l’attention sur les résultats du drame. »

L'image où Mohamed Labidi est en pleurs lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville de Québec le lendemain de la tragédie a ému des milliers de gens.

Le procès d’Alexandre Bissonnette prévu en mars prochain sera une étape délicate pour Mohamed Labidi.

Lors d’une comparution l’hiver dernier, il avait parlé des effets nocifs du cycle de la haine et de la compassion qu’il avait pour le présumé tueur : « On ne va plus le dire. Cela a beaucoup touché les femmes des victimes. Elles ne veulent plus entendre ça. Ça peut prêter à confusion. [...] Pour les familles, la barre est très, très haute. Elles s’attendent à beaucoup de la justice. »

Des lettres de haine

« On n’a pas arrêté de recevoir des lettres de haine jusqu’à ce jour », déplore le président du Centre culturel islamique. Mohamed Labidi ajoute que ces gens n’ont rien appris encore de la tragédie.

Mohamed Labidi constate que la société québécoise a fait des progrès depuis la fusillade, mais il y a encore beaucoup à faire. Il préconise notamment la mise en place de lois plus claires pour contrer la haine, le racisme. Il fait partie de ceux qui croient toujours au bien-fondé d’une journée nationale de commémoration et d’action contre l’islamophobie.

M. Labidi a bien l’intention de poursuivre le combat contre l’ignorance envers l’islam et les musulmans. De nature optimiste, il est prêt à faire le tour des écoles, des cégeps et des universités. « Effacer l’ignorance, car si on arrive à faire ça, tout va se résoudre. »

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