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Moins de remorqueurs pour les pétroliers sur le fleuve?

Énergie Valero envisage de réduire le nombre de remorqueurs qui escortent sur le fleuve les pétroliers qui approvisionnent sa raffinerie Jean-Gaulin, à Lévis. Ce scénario est vivement dénoncé par certains intervenants, qui soulèvent notamment des questions de sécurité.

Un texte de Maxime Corneau

Depuis deux ans, deux pétroliers de type Panamax transportant 75 000 tonnes de pétrole brut s’amarrent quelques fois par semaine au quai 86 de Saint-Romuald.

La manœuvre complexe, qui consiste à diriger le navire entre le quai et la rive, est exécutée par un pilote appuyé par trois remorqueurs du Groupe Océan.

Valero songe désormais à utiliser deux remorqueurs pour les opérations d'amarrage des pétroliers.

Le syndicat des marins qui naviguent à bord des pétroliers dénonce cette mesure qu'il qualifie d'économie de bouts de chandelle. « Valero, pour quelques dollars de profit de plus, est prête à mettre en jeu la région », dénonce Patrice Caron, vice-président exécutif du Syndicat international des marins canadiens.

M. Caron déplore aussi ne pas avoir été avisé par Valero de son intention de réduire l'encadrement des pétroliers.

Bien que la Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central (CPSLC) ne souhaite pas officiellement commenter l'intention de Valero, des sources internes au sein de l'organisme se questionnent aussi sur les conséquences de cette mesure sur la sécurité des navires pétroliers.

Priorité à l’environnement

L’organisme Nature Québec, qui participe fréquemment aux rencontres du Comité de liaison avec la communauté de Valero, dénonce aussi cette intention.

Le directeur général, Christian Simard, affirme que Valero n’a jamais annoncé publiquement sa volonté de réduire le nombre de remorqueurs avant que Radio-Canada ne fasse des demandes d'entrevue auprès de l'entreprise.

« Nous, on va poser des questions, dit-il. C’est assez inquiétant de limiter le nombre de remorqueurs. » Nature Québec, qui doit rencontrer les dirigeants de Valero dans les prochaines semaines, réclame la publication des études de risques réalisées sur l'arrivée à quai.

Sécurité avant tout

Valero confirme que ce scénario est sur la planche à dessin, mais promet que « tous les partenaires » devront être consultés avant d'aller de l'avant.

La directrice des affaires externes et gouvernementales de la raffinerie Jean-Gaulin, Marina Binotto, affirme que toutes les études de risques, réalisées il y a deux ans, concernant l’amarrage au quai 86 ont été approuvées.

Selon ses dires, l'utilisation d'un troisième remorqueur était le scénario retenu uniquement pour une période de « rodage ».

Devant les critiques, Mme Binotto assure que tous les aspects de la sécurité seront pris en considération dans la dernière décision. « Jamais on n’opérerait de façon à ce qu'il y ait des risques pour les riverains », dit-elle.

Le Groupe Océan n’a pas souhaité commenter le dossier en raison des liens contractuels qui l’unissent à Valero dans ce dossier.

La Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central (CPSLC) a aussi préféré s'abstenir de confirmer si elle est en accord ou non avec la volonté de la raffinerie.

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