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« Mon trophée rouillé, il est dans le garage chez ma mère » - Magali Harvey

Joueuse par excellence de la dernière Coupe du monde de rugby à 15 en 2014, Magali Harvey ne carbure pas aux honneurs individuels. « Mon trophée rouillé, il est dans le garage chez ma mère », dit-elle, un peu gênée, à un mois de sa deuxième participation au tournoi qui l'a mise au monde sur la scène internationale.

Un texte de Jean-François Poirier

Au début du mois d'août, les Canadiennes arriveront en Irlande coiffées du titre de vice-championnes du monde. Il y a trois ans, en France, elles avaient été battues en finale par les Anglaises au compte de 21-9. Au passage, contre toute attente, l'équipe de François Rathier avait éliminé les Françaises en demi-finale (18-16). Un match durant lequel Magali Harvey s'était illustrée en courant plus de 80 verges pour inscrire l'un des essais les plus mémorables de cette compétition.

« Je me fous du prix individuel. Je voudrais qu'on joue en équipe et qu'on gagne cette Coupe du monde », avoue cette ailière qui reconnait tout de même avoir pu profiter de son statut de joueuse étoile pour inciter plus de jeunes à pratiquer son sport.

« Ce titre m'a surtout aidé à promouvoir le rugby au Canada. Je ne peux pas me plaindre. J'aimerais être un modèle à suivre et j'espère avoir fait une différence. »

Quoi qu'il en soit, même si Magali Harvey apporte peu d'attention à son trophée dit « rouillé », l'athlète de 26 ans sera néanmoins le point de mire d'une délégation canadienne de 28 joueuses en raison de son parcours hors du commun depuis sa consécration.

Vécu

La jeune femme de Québec, qui assimile son rôle de mentor auprès de la relève, a en effet réalisé en 2016 que la gloire pouvait être éphémère. Évincée de l'équipe canadienne de rugby à 7 inscrite aux Jeux de Rio, Magali Harvey a trouvé pénible cette phase de sa vie où elle semblait condamnée à se torturer l'esprit avec une décision qui la privait de son rêve olympique.

« J'y repense encore et ça me fait encore un peu mal, dit-elle avec un pincement au coeur qu'elle ne cherche pas à camoufler. Je crois à la transition entre le rugby à 15 et le rugby à 7. Les règlements sont les mêmes. La différence, c'est la vitesse et la stratégie. Mais je suis biaisée... »

Depuis, Magali Harvey n'a pas pleuré sur son sort. Au contraire. Elle s'est envolée pour la Nouvelle-Zélande afin de pratiquer le rugby au pays où se trouvent plusieurs des meilleures joueuses au monde. Un séjour de sept mois qui l'a beaucoup influencée.

« À chaque porte qui se ferme s'ouvre une nouvelle. Ça m'a ouvert les yeux. Je voulais être à un endroit où personne ne me connaissait. Je voulais m'exclure et prendre du temps pour moi. J'ai aussi amélioré mes connaissances en rugby. Je suis contente de mes sept mois là-bas. »

Rendez-vous décisif

Curieusement, le premier obstacle de taille de Magali Harvey et de ses coéquipières au mondial en Irlande sera un face-à-face avec les Néo-Zélandaises lors de la phase préliminaire. Un duel qui pourrait même priver les Canadiennes d'une place en demi-finale si elles n'arrivaient pas à s'imposer devant la deuxième puissance mondiale du rugby à 15.

« Nous n'avons pas eu un bon tirage au sort. Je crois que nous avons hérité du pool le plus difficile. Mais ça ne change rien. Pour être les meilleures au monde, il faut battre les meilleures. »

Le Canada a en effet été jumelé aux Pays de Galles, à Hong Kong et à la Nouvelle-Zélande dans un groupe au calibre en apparence plus relevé que les deux autres : (Angleterre, États-Unis, Italie et Espagne) et (France, Irlande, Australie, Japon).

Les trois meneurs de chaque division accéderont directement aux demi-finales. L'équipe ayant conservé la meilleure fiche parmi les autres complètera le tableau.

« Il faudra se donner à fond à chaque match et marquer le plus d'essais possible. Les écarts de points seront importants. Nous aurons trois semaines pour nous entraîner ensemble et nous préparer à l'affrontement contre la Nouvelle-Zélande (le dernier des trois matchs en phase préliminaire du Canada). C'est la première fois que nous serons réunies si longtemps pour un tournoi. C'est bon pour nous. »

Les Canadiennes, classées troisièmes à l'échelle internationale, ne disposent pas bien entendu des mêmes moyens que leurs principales rivales pour décrocher le titre mondial.

« Les Anglaises sont centralisées. Les Néo-Zélandaises sont capables de se rassembler plus facilement parce que leur pays est plus petit que le nôtre. Au Canada, on s'entraîne avec les joueuses de notre province. Il faut du temps pour reconnaître le jeu de ses coéquipières. Nous allons nous améliorer durant la Coupe du monde parce que nous pourrons être ensemble. »

En juin dernier, les Canadiennes ont été vaincues par les Néo-Zélandaises 28-16 et par les Anglaises 27-20.

La grande finale de la Coupe du monde de rugby à 15 aura lieu, à Belfast, le 26 août.

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