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Moratoire sur les calèches à Montréal : les cochers de Québec applaudissent

Le moratoire d'un an imposé à l'industrie des calèches à Montréal est loin de créer la commotion chez les cochers de Québec. Bien au contraire, l'interdiction est accueillie avec un certain soupir de soulagement.

Un texte de Maxime Corneau

Dans sa calèche tirée par Luna, Jacques Fournier arbore un large sourire en saluant les touristes. Lorsqu'on lui demande s'il est déçu de voir ses confrères de Montréal au chômage pour quelque temps, la réponse ne se fait pas attendre.

« Les mauvaises entreprises, les éliminer, c'est toujours bien », lance celui qui est cocher depuis une dizaine d'années.

M. Fournier est fier de son métier et selon lui, l'absence de réglementation dans le Vieux-Montréal a grandement nui à sa profession. « Quand on voit que c'est un peu plus négligé ailleurs et que ça va un peu à la va-comme-je-te-pousse, ce n'est pas bon pour l'image. »

Dans la rue Saint-Louis, le cocher manoeuvre au travers les travaux routiers, des autobus et les touristes. Il faut dire qu'il a l'habitude. Il est responsable de la formation des nouveaux employés pour la compagnie Calèche Québec.

Devant un rétrécissement dans la route, il décide de ne pas faire passer les automobilistes qui roulent à la file indienne derrière lui. « Je vais être coincé avec un cheval sur le côté de la route, ce n'est pas plus sécuritaire », explique-t-il.

L'homme n'a aucun doute sur la source de la future réglementation montréalaise. « Quelle image ils vont prendre pour bien réglementer ça ? La nôtre! »

Arrivé devant le Château Frontenac, Jacques Fournier stationne en parallèle sa calèche avec une facilité déconcertante. Son collègue déjà sur place, Samuel Lane, s'exclame : « Facile! Il y a des chevaux qui sont capables de le faire tout seuls. »

Samuel, un cocher dans la trentaine, est lui aussi satisfait de voir la métropole serrer la vis à l'industrie. « Il y a manifestement des choses à améliorer. Ils ne veulent pas les bannir pour toujours, ils veulent prendre une année pour redresser la chose et s'inspirer de place ou ça se passe bien, comme à Québec », dit-il.

La maire de Montréal, Denis Coderre, espère que la nouvelle réglementation sera prête d'ici le printemps 2017.

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