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Morosité économique: Les Etchemins lance un cri du coeur

Les élus de la MRC Les Etchemins, en Chaudière-Appalaches, lancent un cri du cœur pour venir à bout de la morosité économique de la région. Avec un plan de relance économique en main, ils demandent l'appui du gouvernement provincial.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

Crise dans le secteur forestier, difficulté d’accès à la main-d’œuvre, baisse démographique, la MRC Les Etchemins accumule les revers sur le plan économique depuis plusieurs années.

Après de nombreuses représentations politiques, les élus dénoncent qu’aucune mesure spécifique pour la région ne soit incluse dans le dernier budget du gouvernement provincial.

« Lors des élections, le premier ministre Couillard nous avait promis de l’aide, une aide spécifique pour Les Etchemins. Cette aide n’est pas venue encore », déplore le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC), Harold Gagnon.

Les 13 municipalités de la MRC avaient pourtant déposé en octobre, à la demande de Québec, un plan de relance économique.

La MRC demande notamment un montant de 1,2 million de dollars par année pendant 3 ans pour concrétiser les projets qui ont émergé du plan de relance. Un fonds d’investissement de 500 000$ pour le développement économique et une réserve 265 000 $ dédiés au démarchage et aux études de faisabilité font aussi parties des demandes des élus.

Des démarches entendues

La ministre responsable de la région de Chaudière-Appalaches, Dominique Vien, concède que la MRC Les Etchemins est « devenue une des plus dévitalisées au Québec. »

Elle explique avoir reçu le plan de relance proposé par les élus de la MRC, mais qu’il est présentement analysé par le gouvernement. « Nous ne sommes pas dans un programme normé, donc cela peut paraitre long afin de trouver des mesures spécifiques et adaptées à la situation des Etchemins. Mon seul objectif est celui des élus de la MRC : retrouver une vitalité économique aux Etchemins », précise Mme Vien.

« Pas question de fermer les villages »

Les 13 municipalités de la MRC cumulent une population de 16 800 habitants, mais les villages ne cessent de se vider. L’Institut de la statistique du Québec prévoit une baisse démographique de 9 % d’ici 2036.

À Saint-Louis-de-Gonzague, cette dévitalisation s’est traduite par une perte de l’ensemble des services proximités. En février dernier, la coopérative qui regroupait l’épicerie, le bureau de poste, la Société des alcools et le service de permis de chasse et de pêche a dû fermer, faute d’achalandage.

La municipalité a toutefois décidé de reprendre les services de Poste Canada. « Ils sont arrivés un jeudi matin. Ils ont déménagé les cases postales, formé les employés de la municipalité et depuis le 23 février, on a repris le service postal. Par contre, ça ne règle pas l’ensemble des autres services », explique la mairesse Lucie Gagnon.

Même si elle se dit prête à regrouper certains services dans la région, la mairesse refuse de « fermer les villages », précisant qu’il existe un fort sentiment d’appartenance dans la région.

Lucie Gagnon croit cependant que son village peut bénéficier du développement économique de la région. « Dans le plan de relance, il ne se bâtira pas d’usine ici. J’ai compris ça depuis que je suis mairesse. Par contre, s’il se développe des choses dans la MRC, notre monde va pouvoir rester ici » espère Mme Gagnon.

Mais la morosité économique se fait également sentir à Lac-Etchemin, la plus importante municipalité de la région. Au Manoir du Lac-Etchemin, on peine à recruter le nombre d’employés nécessaires pour la prochaine saison touristique.

« On sait qu’on a une problématique de salaire. On est en région, on souhaiterait évidemment concurrencer les villes comme Québec, les grosses villes. Malheureusement, c’est impossible », se désole la copropriétaire du Manoir du Lac-Etchemin, Rhania Lacorre.

Mme Lacorre croit que la région devrait obtenir de l’aide pour être en mesure d’égaliser les salaires offerts dans les plus grands centres. « Augmenter nos salaires, ça pourrait se faire et ça se ferait avec plaisir, mais à ce moment il faudrait qu’on augmente aussi nos prix de service. Malheureusement, on n’a pas un bassin de population qui pourrait répondre à cette augmentation. »

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