Retour

Mort d'un motocycliste : « C'est un malheureux accident », dit la policière

« C'est un malheureux accident », a affirmé lundi l'agente Isabelle Morin de la police de Québec, accusée d'avoir causé la mort d'un motocycliste sur l'autoroute Laurentienne. Elle a témoigné pour sa défense au palais de justice.

Un texte de Yannick Bergeron

La policière est revenue sur les événements qui ont précédé la collision mortelle.

Elle a indiqué que son collègue de patrouille lui a suggéré de prendre la prochaine sortie « en pointant la main vers la gauche ». Elle dit alors avoir décidé de sortir à George-Muir.

Elle a affirmé avoir ensuite mis les gyrophares, tout en ralentissant progressivement. Elle a ajouté qu'elle n'a pas vu de lumière en direction sud.

Au même moment, un appel sur les ondes indique qu'un individu en frappe un autre dans une résidence de Wendake. C'est justement près du poste de la Haute-Saint-Charles où elle se dirigeait.

« L'agent Simard [son collègue] m'a dit : ''donne du gaz, il y a une moto'' », a-t-elle raconté.

Elle dit avoir vu son collègue se mettre en petite boule pour se protéger avant de constater que la moto avançait vers l'autopatrouille.

Elle a aussi expliqué avoir repassé avec succès un test de conduite pour véhicule d'urgence après la collision entre la moto et son autopatrouille.

Isabelle Morin a pu reprendre le travail par la suite avant de se retirer quelques mois plus tard pour des raisons de santé mentale.

La policière a préféré mettre sa carrière en veilleuse, incapable de composer avec le stress.

Une « manoeuvre planifiée »

Elle a eu ces mots quand son avocat lui a demandé si elle avait quelque chose à ajouter à la fin de son témoignage : « En tant que mère de famille, je peux comprendre la tristesse de la perte d'un enfant. Mais, moi aussi je vis chaque jour avec des images de la situation. »

Ce message n'a pas ému le moins du monde la mère de Jessy Drolet qui assiste aux audiences.

Marlène Drolet n'a pas noté d'empathie dans les paroles de la policière qui cherchait, selon la mère de la victime, à attirer la sympathies du juge.

En contre interrogatoire, Isabelle Morin a continué de dire qu'elle a pris toutes les précautions nécessaires. « C'était un manoeuvre planifiée, réfléchie ».

Le procureur de la poursuite, Me Guy Loisel, annoncera mardi matin s'il a d'autres questions ou pas pour l'accusée.

Le jour du drame

L'agente a également donné des détails sur sa journée de travail du 10 septembre 2015, avant que le drame ne se produise.

Isabelle Morin se sentait bien cette journée-là, après avoir profité de quelques jours de congé.

Elle et son partenaire de patrouille, Christian Simard, sont intervenus à la suite d'appels concernant du désordre et une agression sexuelle.

La femme de 47 ans a entamé sa carrière au service de police de Montréal en 1996 avant d'être embauchée à Charlesbourg, en l'an 2000.

Un collègue témoigne

Avant le témoignage de l'accusée, son avocat Me Jean-François Bertrand a fait entendre un collègue de la policière.

L'agent Pierre Lamarre, qui fait partie de l'escouade des motards de la police de Québec, a participé à une reconstitution de l'événement, pour la défense.

Il a parcouru le même trajet que la victime, Jessy Drolet, à différentes vitesses, sur une moto similaire, à la demande de l'ingénieur Jean Grandbois, un expert embauché par la défense, qui expliquera les conclusions de son rapport plus tard au cours du procès.

Selon le policier motard Pierre Lamarre, la voiture de patrouille est visible assez rapidement en sortant de la courbe qui précède le lieu de l'impact.

Des images de la reconstitution filmées par une caméra fixée sur le casque de l'agent Lamarre ont été présentées au juge Pierre Rousseau.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Recettes de Noël - Ragoût de boulettes de dinde et épinards