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Mort d'un motocycliste : la version de la policière mise en doute

La poursuite a mis sérieusement en doute le témoignage de la policière Isabelle Morin lors de son contre-interrogatoire mardi, au palais de justice de Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

L'agente Morin affirme qu'elle a entendu un appel sur les ondes pour une intervention à Wendake dans les secondes qui ont précédé sa manoeuvre qui a coûté la vie au motocycliste Jessy Drolet.

Dans son témoignage livré lundi, la policière indiquait qu'elle a pris la décision de traverser la voie inverse de l'autoroute Laurentienne pour se rapprocher de l'événement de Wendake, afin d'intervenir en cas de besoin.

« Je vous soumets que l'appel de Wendake n'a pas pu entrer avant la collision », a insisté le procureur de la poursuite, Me Guy Loisel.

Il a fait entendre l'extrait des ondes où on entend la description de l'événement à Wendake par la répartitrice, quatre secondes avant que l'agente Isabelle Morin intervienne à son tour pour signaler son accident.

La policière mal à l'aise

Visiblement mal à l'aise, la policière a mis en doute l'extrait audio des ondes policières.

« Je ne peux même pas dire si c'est en temps réel », s'est justifiée la femme de 47 ans.

C'est la défense qui a d'abord mis en preuve l'appel de Wendake, réalisé à 22 heures 56 minutes et 6 secondes.

La Couronne a rappelé que la boîte noire de l'autopatrouille démontre que les coussins gonflables se sont déployés 22 secondes plus tôt, si les heures sont synchronisées.

La poursuite a de plus fait rejouer la vidéo du ministère des Transports qui montre que la collision survient 16 secondes avant 22 h 56, ce qui correspond à l'heure enregistrée par la boîte noire de l'autopatrouille..

Visibilité et vitesse

La défense a commencé à faire entendre son témoin expert, l'ingénieur Jean Grandbois qui a effectué une reconstitution de la collision.

Selon lui, autant la policière que le motocycliste avaient une bonne visibilité le soir de la collision.

Il estime aussi que le motocycliste ne pouvait manquer les gyrophares de l'autopatrouille, visible à 220 mètres du point d'impact.

L'ingénieur Grandbois doit aborder la question de la vitesse des véhicules, mercredi.

La défense a déjà laissé entendre qu'elle n'arrivait pas à la même évaluation des experts de la couronne qui ont évalué la vitesse de la moto à 114 km/h.

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