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Mort du petit Nathan : la Couronne réclame 6 ans de prison pour Nicolas Lacroix

La Couronne et la défense ne s'entendent pas sur la peine à imposer à Nicolas Lacroix, reconnu coupable de l'homicide involontaire en 2012 du petit Nathan Lecours, 2 ans, à Lévis.

La poursuite estime que le Lévisien de 40 ans doit obtenir 6 ans d'emprisonnement, soit 2 ans de plus que la peine minimale pour homicide involontaire avec usage d'arme à feu. La défense demande pour sa part une condamnation avec sursis d'un an.

La procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, plaide la négligence dont Nicolas Lacroix a fait preuve lorsqu'il s'est présenté au domicile de son amie, Mélanie Bissonnette, le soir du 3 mai 2012. Il a manipulé un fusil de calibre 12 chargé à côté de l'enfant, et cela, alors qu'il était en état d'ébriété.

L'avocate a déposé les témoignages des parents du petit Nathan, qui n'étaient pas présents au palais de justice de Québec, et de ses grands-parents paternels pour étayer sa recommandation.

« Je ne peux plus craindre le pire, parce que le pire, je l'ai vécu », témoigne le père, Éric Lecours, dans une lettre de trois pages.

Il dit revivre en boucle le drame. Il témoigne des conséquences sur sa vie, de ses « sentiments dépressifs », de la « culpabilité » qu'il vit face aux événements et de l'« obligation » qu'il a d'être fort.

« Cet événement me suivra toujours. Il fera à tout jamais partie de moi, de ma vie, de mon parcours. [...] Je dois vivre avec ce deuil inhumain. »

La grand-mère de la petite victime, Micheline Maheux Lecours, parle d'« un vide immense » qui s'est installé « à tout jamais ».

Elle a assisté avec son mari aux observations sur la peine, espérant que la juge Chantale Pelletier entendra les arguments de la Couronne.

« Lui [Nicolas Lacroix], lorsqu'il va sortir de prison, il va être libre comme l'air. Nous autres, notre petit, on ne le reverra plus jamais. M. Lacroix, lui, il va le revoir son fils », soutient-elle.

Pas d'emprisonnement

Nicolas Lacroix, qui s'est représenté seul pendant une partie du procès, était accompagné d'un avocat pour la dernière étape des procédures. Me Kevin Therrien conteste la constitutionnalité de la peine minimale dans de telles circonstances.

Selon l'avocat, Nicolas Lacroix ne mérite pas l'emprisonnement. Il demande une condamnation avec sursis d'un an, qui s'apparente à une probation. Le juge suspend alors le prononcé de la sentence pendant une période déterminée et ordonne le respect de certaines conditions.

Me Therrien fait valoir que son client s'était présenté avec de bonnes intentions chez son amie. Il ne voulait que lui venir en aide. La suite est un accident et il est rongé par les remords.

L'avocat plaide que son client souffre de graves séquelles psychologiques liées au drame et ne peut travailler.

La juge Chantale Pelletier a pris la cause en délibéré. Elle rendra sa décision le 28 octobre.

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