Retour

Morts dans la tempête : des nouvelles mesures dès cet hiver

Avant même la publication du rapport du coroner sur la mort de Michaël Fiset et de Pierre Thibault, ensevelis dans une tempête à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud l'hiver dernier, la municipalité et le ministère des Transports du Québec (MTQ) ont ajusté leurs pratiques pour réduire au minimum les risques qu'un tel drame se produise de nouveau. Des initiatives saluées par des proches des victimes.

Un texte de Marc-Antoine Lavoie

La tempête du 14 mars 2017 est restée dans les mémoires des résidents du village du secteur de Montmagny, pourtant habitués aux conditions hivernales difficiles. La camionnette des deux hommes s’est enlisée sur la route principale de la municipalité lors d’un important blizzard.

Ils sont morts en attendant les secours qui n’ont pu les rejoindre avant que le véhicule ne disparaisse sous une immense lame de neige. Dans le village, c’est toujours l’incompréhension.

« Tout le monde a beau se poser des questions, les deux personnes sont parties avec les réponses. Qu’est-ce qui s'est vraiment passé dans le camion? Pourquoi ils ne sont pas allés aux maisons? Ce sont des questions sans réponse », affirme le maire de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, Alain Fortier.

Avec les premières bordées de neige qui s’accumuleront prochainement sur la région, les citoyens se serrent les coudes pour ne pas revivre pareille situation.

La municipalité a formé une escouade d’une trentaine de personnes possédant de la machinerie, comme des tracteurs et des souffleuses. Ces citoyens se sont portés volontaires pour participer aux opérations de déneigement lors d’importantes tempêtes.

Alain Fortier croit que cette liste d’urgence aurait pu changer les choses le soir du drame, notamment pour soutenir l’opérateur de la déneigeuse qui était dépassé par l’importance de la tempête.

« Notre personne a arrêté de gratter à 22 h dans la soirée. Elle ne voyait plus la gratte en avant du camion. C'était rendu trop dangereux. Quand tu as deux machineries, s'il y en a une qui reste prise, l’autre peut l’aider », soutient le maire Alain Fortier.

Des proches des victimes ont tenu à réagir à l'initiative de la municipalité. La conjointe de Pierre Thibault, Valérie Tanguay, « approuve l'initiative de la municipalité en espérant que d'autres feront la même chose pour que cette tragédie ne se reproduise nulle part. »

La famille de Michaël Fiset espère également que toutes les municipalités vont prendre exemple sur Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.

Le MTQ en « ajoute une couche »

Cette tempête a aussi inspiré de nouvelles pratiques au MTQ. En plus de la mort de Pierre Thibault et de Michaël Fiset, une congestion monstre s’est produite le même soir sur l’autoroute 13 à Montréal.

« Avec ce qui s’est passé cet hiver-là, on a décidé d’en ajouter une couche », affirme le porte-parole du MTQ, Guillaume Paradis.

Le ministère a notamment doté l’ensemble de ses surveillants routiers de véhicules à traction intégrale « pour qu’ils soient mobiles tout au long de l’hiver. »

Le parc de véhicules de réserve a aussi été augmenté. En Chaudière-Appalaches, un véhicule sera réservé en tout temps pour des situations d’urgence.

Ce véhicule de réserve s’ajoutera aux 18 déneigeuses appartenant au ministère des Transports déployées dans la région, en plus de celles qui appartiennent aux sous-traitants.

Un système de télémétrie sera aussi installé sur l’ensemble de la flotte du MTQ pour suivre le déplacement de la machinerie.

« On sait si les équipements de grattage sont abaissés, et on sait si l'épandage de sel est en fonction. Ça nous permet de suivre les opérations de déneigement de façon rigoureuse », précise M. Paradis.

« Tout le monde a fait son possible »

Le rapport contenant les recommandations du coroner sur la mort des deux hommes devrait être publié au cours des prochaines semaines. Des membres des familles des victimes l'attendent avec impatience et n'écartent pas la possibilité d'entamer des poursuites judiciaires.

Le maire Fortier croit pour sa part que « tout le monde a fait son possible, voire l’impossible » pour venir en aide aux victimes.

Il rappelle le travail « héroïque » des policiers qui ont tenté de leur porter secours.

Le maire souligne d'ailleurs que l'escouade de bénévoles mise sur pied pour intervenir en cas d'urgence a reçu le mot d'ordre de ne pas faire preuve de « témérité » lors des opérations d’urgence.

« C’est tous du monde avec des familles et des enfants. C'est beau vouloir sortir du monde, mais on a la vie de nos employés aussi », conclut-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces