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Motocycliste happé à mort : un témoin de l’accident appelé à la barre

Le hasard a voulu que la collision mortelle impliquant une voiture du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et une motocyclette en septembre 2015 se déroule sous les yeux d'une infirmière.

Un texte de Yannick Bergeron

Julie Beaulieu a témoigné jeudi au quatrième jour du procès de la policière Isabelle Morin, accusée de conduite dangereuse causant la mort du motocycliste Jessy Drolet.

L’infirmière roulait à quelques mètres derrière l'autopatrouille, dans une zone de travaux de l’autoroute Laurentienne où la circulation s’effectuait à contresens, lorsque l’accident s’est produit.

Elle a d’abord vu l'autopatrouille ralentir et allumer ses gyrophares avant d’effectuer un virage sur la gauche. C’est à ce moment que la motocyclette conduite par Jessy Drolet, qui circulait en sens inverse, a percuté le côté de l’autopatrouille.

« Elle s'est pris la tête à deux mains »

Après l'impact, l'infirmière est sortie de sa voiture pour offrir son aide. Elle a vu la policière se rendre à l'arrière de son véhicule.

« Elle s'est pris la tête à deux mains », se souvient Julie Beaulieu, qui dit ne pas avoir revu la policière par la suite.

Elle est allée porter secours au motocycliste, en compagnie de l'autre policier, mais n'a pu rien faire pour lui. La victime n'avait plus aucun pouls.

Alors que l’infirmière racontait qu’ils avaient quand même entrepris des manœuvres sur le motocycliste, la mère de la victime est sortie en choc de la salle d'audience.

« Virage sur un dix cennes »

Nicolas Fontaine, un camionneur qui conduisait le troisième véhicule derrière l'autopatrouille, a également témoigné.

« J'étais surpris qu'elle fasse une manœuvre comme ça », a confié celui qui était au volant d'un camion-citerne, parlant d'un « virage sur un dix cennes ».

Plus tôt au cours de la journée, la Couronne a appelé à la barre un spécialiste de la lecture des images vidéo pour évaluer la vitesse à laquelle roulait Jessy Drolet.

Selon Adam Cybanski, la motocyclette de la victime circulait à une vitesse allant de 107 à 113 km/h.

Rappelons que le reconstitutionniste de la Sûreté du Québec qui a témoigné mardi a évalué la vitesse au début de la ligne de freinage à 114 km/h. La défense a toutefois mis en doute son expertise.

La poursuite pourrait clore sa preuve vendredi.

Il lui reste un dernier témoin à faire entendre, soit le coéquipier de l'accusée qui se trouvait avec elle à bord de l'autopatrouille.

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