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Négos avec les employés municipaux : Labeaume ne veut pas d'arbitre

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a livré un plaidoyer contre le recours à l'arbitrage dans le processus de négociations dans le monde municipal, devant les parlementaires qui étudient le projet de loi 110, ce matin, à l'Assemblée nationale. 

Régis Labeaume a clairement indiqué au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, qu'il « ne veut plus rien savoir des arbitres » en cas d'échec des négociations. Le maire soutient qu'il ne sont « pas indépendants ».

« Les arbitres rendent toujours des décisions un peu washi washa pour faire en sorte d'être toujours dans le milieu et ne pas trop déplaire à toutes les parties. Au long des années, ça a créé l'écart de 40 % entre les [salaires des] employés municipaux et des employés du Québec », affirme Régis Labeaume.

Le maire rappelle que ce sont les élus municipaux qui sont imputables face aux finances publiques. En ce sens, ils doivent avoir leur mot à dire dans les décisions touchant le poste budgétaire le plus important. 

Il respecte néanmoins le choix du ministre Coiteux de donner aux élus de l'Assemblée nationale le droit de décréter les conditions de travail en cas d'échec des négociations et non aux villes.

« Idéalement, ce que j'aurais voulu, c'est le droit de décréter. Je ne l'ai pas. Ce droit-là appartient maintenant à l'Assemblée nationale, et le projet de loi, si on ne s'entend pas, se rend jusque-là, c'est parfait. »

M. Labeaume souhaite toutefois que les élus municipaux puissent avoir leur mot à dire avant que le mandataire spécial, prévu dans le projet de loi, conseille le ministre.

« Avant que le médiateur spécial analyse l'issu des discussions, la Ville doit par résolution du conseil municipal lui transmettre son offre finale », suggère-t-il, soulignant que les salaires des employés représentent le poste budgétaire le plus important d'une ville.

Selon Régis Labeaume, le projet de loi déposé en juin est « correct » et « juste ». « Il oblige tout le monde à négocier et à être raisonnable. »

Avant le début de la commission parlementaire, le ministre Coiteux a réitéré l'importance selon lui de « moderniser » les mécanismes de négociations, et ce, malgré l'opposition des syndicats.

« Les mécanismes actuels sont basés sur une relation antagoniste entre les deux parties, sur une relation qui ne tient pas compte de l'intérêt public aussi pleinement qu'on le souhaite. Les critères qui sont utilisés amènent une inflation des coûts qui n'est pas dans l'intérêt de l'ensemble des citoyens. »

Plusieurs syndicats se feront aussi entendre durant cette commission parlementaire qui se poursuit jusqu'à jeudi. La Fédération indépendante des syndicats autonomes, qui représente notamment les fonctionnaires municipaux de la Ville de Québec, présentera son mémoire au dernier jour.

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