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Nettoyeurs en aérosol  : un père demande au gouvernement d'agir

Le père de Cédrick Barbeau, un adolescent décédé en avril 2015, demande au gouvernement de réglementer la vente des bonbonnes de dépoussiéreurs. Son fils de 15 ans est mort après avoir inhalé ce produit acheté en vente libre.

Éric Barbeau a toujours les larmes aux yeux lorsqu’il pense à son jeune fils parti beaucoup trop tôt. « C’était un petit gars enjoué », se souvient le père ému.

Avant son décès, l’adolescent avait depuis un certain temps de mauvaises fréquentations qui l’ont conduit vers la toxicomanie. Mais ce ne sont pas les drogues illégales qui l’ont tué. C’est plutôt un produit en vente entre autres dans toutes les quincailleries.

« Si les produits pour les plantes sont barrés, ces produits-là devraient être en vente à 18 ans et plus », déplore le père qui demande l’intervention des autorités. « Qu’ils se souviennent de la mort de Cédrick pour faire avancer les choses, pour ne pas les laisser à eux-mêmes. »

Ce type de consommation est de plus en plus répandu, selon le Bureau du coroner et le Centre antipoison de Québec. Le produit est peu coûteux et facilement accessible dans de nombreuses grandes surfaces.

Les jeunes consomment ce produit contenant du difluoroéthane pour son effet d’euphorie.

Appel entendu d’un commerçant

Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste de Québec, le quincailler Michel Perron a entendu l’appel du père endeuillé.

Depuis jeudi matin, tous les dépoussiéreurs en aérosol sont sous verrou et la vente doit être autorisée par un employé. « Tout le monde qui travaille ici a eu des enfants. On en a parlé ce matin et on est arrivé à la conclusion […] de prendre les produits et de les mettre sous clé », dit le commerçant.

Il explique que ses employés ne souhaitaient pas voir des jeunes se présenter avec plusieurs bonbonnes dans les mains. Selon lui, les mettre sous verrou en découragera plus d’un. « Le peu que je peux faire, je vais le faire », lance-t-il.

Le propriétaire de la quincaillerie rappelle toutefois que ce n’est pas la seule occasion où il a limité la vente d’un produit. Lors du printemps érable, il a aussi limité la vente de peinture en bonbonne pour éviter la prolifération des graffitis lors des manifestations.

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