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Notre-Dame-du-Rosaire : l'église du village deviendra un atelier d'artiste

L'église du village de Notre-Dame-du-Rosaire, près de Montmagny, a finalement trouvé preneur. C'est l'artiste Jean-Marc Mathieu-Lajoie qui est devenu propriétaire de l'église, en vente depuis plus d'un an, et qui en fera son atelier ainsi qu'une galerie d'art.

« Depuis que je suis enfant, je voyais cette église-là et je la trouvais extraordinaire », lance fièrement l’artiste, qui a grandi dans un village voisin. Pour lui, acheter cette église, c’est un peu comme un « retour aux sources ».

Depuis des semaines, il y transporte sa volumineuse collection de statues religieuses, qu’il utilise pour créer des œuvres d’art. De son propre aveu, les centaines de statues remplacent aujourd’hui les paroissiens qui venaient se recueillir sur les bancs depuis 1909.

Sans encore le connaître, les voisins de l’église qui le voyaient transporter minutieusement ses sculptures l’ont amicalement nommé « monsieur statue ».

En 2014, lorsque la fabrique a annoncé son intention de vendre ou de démolir le bâtiment, M. Mathieu-Lajoie a tout de suite tenté de le sauvegarder. « Je leur disais que s’ils démolissaient l’église, ils allaient devenir la banlieue du village d’à côté », explique-t-il.

Dans les prochains mois, l’artiste transformera peu à peu le lieu de culte en atelier format géant et prévoit inviter d’autres artistes pour qu’ils puissent créer dans ce « lieu avec une ambiance extraordinaire ».

Il souhaite d’ailleurs y installer en permanence une exposition composée des vestiges de la chapelle des Franciscaines, anciennement sur la Grande Allée, qu’il a passé près de deux ans à récupérer lors de la démolition de la chapelle. Cette exposition, nommée La chute des anges, sera ouverte au public afin d’en faire une vitrine culturelle majeure dans ce petit village de moins de 400 âmes.

Une nouvelle « vocation »

C’est avec un soupir de soulagement que la paroisse a accueilli le nouveau propriétaire. Jean-Pierre Després, le président du conseil de fabrique de la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire, explique que les travaux d’entretien du bâtiment, estimés à 1,3 million de dollars, n’étaient pas envisageables avec leurs maigres moyens. « C’était rendu un gros poids financier qu’on ne pouvait plus supporter », dit-il. Seulement en frais de chauffage, la facture pouvait s'élever à 20 000 $ annuellement.

M. Després croit que les expositions que souhaite mettre en place Jean-Marc Mathieu-Lajoie permettront de développer l’économie du village. « Ça va amener du monde », lance-t-il, confiant.

Malgré la perte du lieu de culte, M. Després estime que la fabrique a pris la bonne décision. « Même si c’est avec beaucoup de tristesse qu’on vit cette situation, au moins il y a une consolation. L’église va demeurer une bâtisse vivante ».

D’ici quelques années, M. Mathieu-Lajoie souhaite créer une fondation qui deviendra la gestionnaire du bâtiment. Ultimement, l’artiste de 66 ans souhaiterait redonner l’église à la communauté à son décès. Il espère toutefois profiter de son atelier encore longtemps. « Peut-être que ça me rendra éternel », lance-t-il en riant.

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