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« Nous avons nous aussi perdu un fils » : les parents d’Alexandre Bissonnette brisent le silence

Depuis un an, ils s'étaient réfugiés dans le silence. Aujourd'hui, le moment est venu de parler. Les parents d'Alexandre Bissonnette, l'auteur présumé de l'attentat à la grande mosquée de Québec, sont terrassés. Dans une lettre remise à Radio-Canada, ils affirment avoir l'impression « de vivre un véritable cauchemar ».

Un texte d’Alexandre Duval

« Alexandre demeure notre fils que nous aimons et qui fera toujours partie de notre famille, écrivent Manon Marchand et Raymond Bissonnette. Comme tous les parents, nous avions espoir de le voir réussir et être heureux dans la vie. »

« Dans un sens, nous avons nous aussi perdu un fils », confient-ils. Pour eux, ce qui s’est produit le 29 janvier 2017 est « inexcusable » et demeure « totalement inexplicable ».

Laisser la place aux victimes

Dans un entretien téléphonique, Manon Marchand et Raymond Bissonnette ont accepté d’expliquer leur démarche.

Avant de faire leur première déclaration publique, ils voulaient attendre que la commémoration de l’attentat à la grande mosquée soit terminée.

« Nous voulions laisser toute la place aux victimes », disent-ils. Le couple admet qu’il songeait depuis quelque temps à s’adresser à la population, mais ne trouvait pas le bon moment pour le faire.

C’est la diffusion du documentaire intitulé La prière où tout a basculé, le 25 janvier dernier à l’émission Enquête, qui les a incités à s'exprimer.

Vivre dans la peur

Depuis le drame, le nid familial a été fortement ébranlé. Les deux parents ainsi que le frère jumeau d’Alexandre Bissonnette ont recours à du soutien psychologique, confie Mme Marchand.

À la maison, ils vivent généralement avec les rideaux fermés. Ils ont aussi fait installer un système d’alarme, craignant des représailles.

« La peine et la peur [se sont] installées », écrivent-ils dans leur lettre d’une demi-page. Dans les semaines qui ont suivi l’attentat, la famille avait d’ailleurs fait l’objet de menaces, rappellent Mme Marchand et M. Bissonnette.

Par exemple, un homme de 33 ans originaire du Maroc avait manifesté son intention de causer du tort à Alexandre Bissonnette. Il a été arrêté en avril, puis expulsé du Canada après avoir plaidé coupable.

Panser les plaies

Mme Marchand et M. Bissonnette rappellent que malgré leur propre douleur, ils ont pris le temps d’envoyer une lettre de condoléances aux familles des victimes de l’attentat.

Eux-mêmes disent avoir reçu beaucoup d’appuis depuis un an. Ils ont été particulièrement touchés par le discours de l’imam Hassan Guillet lors de la cérémonie en hommage aux victimes tenue au Centre des congrès de Québec, le 3 février 2017.

Ils tiennent aussi à remercier ceux et celles qui ont pris le temps de leur témoigner du soutien au cours des derniers mois. « Leurs paroles et gestes réconfortants nous ont donné du courage et nous aident à continuer », écrivent-ils pour conclure leur lettre.

Le procès d’Alexandre Bissonnette doit s’ouvrir le 26 mars prochain. Il est présumé innocent et aucun des 12 chefs d’accusation qui pèsent contre lui n’a été prouvé en cour.

Mme Marchand et M. Bissonnette ne savent toujours pas s’ils assisteront au procès de leur fils, ont-ils indiqué à Radio-Canada. Chaque semaine, ils lui rendent visite à l'Établissement de détention de Québec, où il se trouve depuis son arrestation.

Lettre des parents d'Alexandre Bissonnette

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