Retour

Nouveaux commerces : quand les citoyens ont leur mot à dire

Environ 30 % des petites entreprises au pays mettent la clé sous la porte avant de célébrer leur deuxième anniversaire, selon Industrie Canada. La propriétaire d'un local commercial de Québec veut éviter que son prochain locataire fasse partie de cette statistique : elle a demandé aux résidents de son quartier de lui indiquer quel type de commerce ils souhaitent voir s'y établir.

Un texte d'Alexandre Duval

Il y a un peu plus d'un mois, Sonya Côté a installé une affiche sur la porte de son local de la rue Sainte-Marie, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Elle invitait les résidents du secteur à écrire des suggestions concernant la future vocation de l'endroit, puis à les déposer dans sa boîte aux lettres.

« Ici, comme c'est une rue secondaire, [le local] n'a pas la visibilité de la rue Saint-Jean, donc c'est seulement certains types de commerces qui peuvent venir ici », dit-elle. À preuve, depuis 2009, elle a vu un dépanneur, un tatoueur et deux magasins de vêtements se succéder dans son local de 750 pieds carrés.

Avec son sondage, Sonya Côté a reçu 75 suggestions, à la fois dans sa boîte aux lettres et sur Internet. Une tendance se dégage : les résidents du quartier sont nombreux à vouloir une boucherie. Le départ de la boucherie W. E. Bégin, à un pâté de maisons de là, semble avoir laissé un vide.

La propriétaire affirme avoir entamé des démarches pour répondre aux besoins exprimés par les résidents. « J'ai ciblé quelques commerçants qui ont déjà des boucheries et qui pourraient avoir un point satellite ici, par exemple », raconte-t-elle.

Sonya Côté estime que beaucoup de résidents du quartier n'ont pas de voiture et veulent être en mesure de faire leurs courses à pied, d'où la nécessité de ce type de commerces de proximité. À son avis, son approche pour louer son local est gagnante pour tous.

Une initiative saluée

La Société de développement commercial (SDC) du Faubourg Saint-Jean salue l'approche de Sonya Côté. Même si rien ne garantit que le futur commerce parviendra à passer l'épreuve du temps, l'un des administrateurs de la SDC croit que le jeu en vaut la chandelle.

« C'est sûr que la dame met toutes les chances de son bord en voulant installer un commerce dont les citoyens ont besoin en ce moment », indique Dave St-Yves.

L'approche de Sonya Côté s'inspire de celle de l'entreprise Potloc, une startup montréalaise qui sonde les citoyens pour savoir de quel type de commerce ils ont besoin dans leur secteur.

Selon le cofondateur de Potloc, Louis Delaoustre, cette façon de faire permet de limiter les fermetures prématurées : depuis environ deux ans, 95 % des entreprises que Potloc a aidées sont toujours ouvertes.

Or, l'approche de Potloc permet plutôt de cibler avec précision les besoins des résidents d'un quartier donné et de mieux comprendre leurs habitudes de consommation.

« La meilleure approche, c'est d'aller demander directement aux citoyens ce dont ils ont besoin, de comprendre ce qui est réaliste en fonction des réalités du quartier, et ensuite d'offrir un produit ou un service qui va vraiment répondre à leurs besoins », dit Louis Delaoustre.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine