Une centaine de chauffeurs de taxi se sont fait entendre bruyamment sur la colline Parlementaire pour réclamer que le gouvernement fasse cesser dès maintenant les activités d'Uber, le temps de réglementer le service.

La manifestation a débuté vers 11 h devant l'Assemblée nationale. Les chauffeurs ont ensuite circulé autour de l'édifice, bloquant une partie de la Grande Allée et de la rue des Parlementaires et faisant résonner leurs klaxons, jusqu'en milieu d'après-midi.

Le regroupement « La révolte des taxis contre l'injustice » profitait de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale pour interpeller le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust.

Malgré la tenue prochaine d'une commission parlementaire sur l'industrie du taxi et les impacts du service Uber, les chauffeurs souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement.

« On veut que Uber soit arrêté le temps que le gouvernement décide de quelle manière il va réglementer ça. On veut qu'Uber arrête ses activités parce que c'est illégal en ce moment. Lorsque ça va devenir légal, il peut travailler comme nous. Mais en ce moment, c'est une concurrence déloyale », dénonce le porte-parole du regroupement, Hicham Bérouel.

Les chauffeurs réclament que le gouvernement applique la loi actuelle « avec rigueur » en procédant à des saisies quotidiennes des véhicules des chauffeurs d'Uber et en augmentant les amendes.

L'industrie du taxi déplore que son concurrent ne soit pas soumis aux mêmes règles qu'elle. « Inspection mécanique, cours d'un mois pour chauffer un taxi, TPS, TVQ, 15 % de déduction à la source, 20 % d'impôt... Au bout de l'année, ça fait 50 %. Uber n'aura plus de chauffeurs, s'ils sont soumis aux mêmes règles que nous », souligne le chauffeur et propriétaire d'un taxi, Marc Turgeon.

Le gouvernement maintient sa position

Les chauffeurs ont reçu l'appui des partis d'opposition. Le député Amir Khadir de Québec solidaire déplore l'inaction du gouvernement Couillard. Selon lui, Québec pourrait « brouiller » l'application UberX, comme il le fait pour des sites de jeux en ligne qui font concurrence à Loto-Québec.

« Quand il s'agit du gagne-pain des chauffeurs de taxi, le gouvernement pense qu'il ne peut pas se mêler de ces choses-là, puis ne peut rien faire. Ce n'est pas vrai. »

La critique du Parti québécois en matière de transports, Martine Ouellet, juge inacceptable que le gouvernement tolère cette entreprise. « La France a sorti UberPOP, l'Allemagne, l'Espagne ont sorti UberPOP. Comment se fait-il que M. Couillard soit si impuissant ici au Québec? »

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, estime faire ce qu'il peut dans la limite de la loi actuelle. « On a plus de 1000 saisies faites à ce jour, c'est quand même considérable. Alors tout ce qui est illégal, ça doit cesser maintenant, mais l'application comme telle n'est pas illégale, il y a des gens qui l'utilisent de façon illégale », plaide-t-il.

Même s'il dit comprendre le mécontentement des chauffeurs de taxi, le ministre Daoust leur demande de mettre fin à leurs moyens de pression « pour la sérénité de la commission parlementaire ».

Une autre manifestation des taxis est prévue mercredi à Montréal. Les chauffeurs veulent bloquer des rues à l'heure du pointe du matin.

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